Archive for mai 19th, 2008

19
mai

Ce n’est pas au jeune singe Turner…

… qu’on apprend à faire un disque. Alex Turner est un jeune homme brillant qui à l’âge de 22 ans s’apprête à voir son 3ème album en moins de 3 ans multiplatiné. Alex Turner, même son nom sonne bien.. Originaire de la banlieue de Sheffield, tout comme son aîné Jarvis Cocker (Pulp), Turner est aujourd’hui connu pour être le leader des Arctic Monkeys. De ces Singes là on a à peu près tout dit, qu’ils ont été propulsé par le site myspace (à moins que ce ne soit l’inverse), mais surtout qu’ils ont le don pour dépeindre le quotidien de ces (ex) banlieues ouvrières avec un grand talent et un phrasé hors du commun. Turner est de ce point de vue plus proche de certains rappeurs comme son grand ami Mike Skinner, du groupe de Hip-Hop The Streets. Pour ceux qui étaient sur une autre planète (des singes) ces 3 dernières années, les Arctic Monkeys, ça fait ça:

Album et Révélation de l’année un peu partout – à part chez Telerama dont la critique fit état (de mémoire) de « pétard mouillé à seule destination des lycéens de Sheffield amateurs de bière tiède servie dans les pubs de cette partie de l’Angleterre », (si l’auteur de l’article pouvait me contacter un jour pour m’expliquer ce qui lui a pris), l’excellent premier album au nom à rallonge Whatever People Say I Am Thats What I’m Not fut écoulé à plusieurs millions d’exemplaires, ainsi que son successeur, le plus moyen mais largement audible Favourite Worst Nightmare.

Lorsque Turner annonce vouloir faire un petit break et s’octroyer un album avec son ami Miles Kane des Rascals, on a tout à craindre, et particulièrement le caprice de jeune Rock Star.
Et pourtant c’est bien une bonne surprise que cet album des Last Shadow Puppets.
Les 2 compères y revendiquent David Bowie comme le romantisme de Scot Walker, voire de Jacques Brel, apprend-on en lisant leurs déclarations.

Côté album, c’est le tremolo qui remplace la distortion, les violons qui prennent la place des roulements de batterie usuels. Pas n’importe quelles violons non plus, puisque c’est le collaborateur habituel d’Arcade Fire qui signe les arrangement de la section cordes. Contre toute attente, Alex Turner joue donc la carte de l’élégance britannique contre celle du jeune loup des banlieues ouvrières anglaises. A certains moments, on se croirait même dans une vieille bande son de James Bond, jugez plutôt :

Turner prouve ici que le jeune singe est bien plus malin que ses maigres interviews le laissaient supposer. Depuis quelques jours, le petit autocollant frappé des 4 « f » Telerama s’affiche fièrement sur le disque (il a déjà fait sans…) mis à la vente, généralement en tête de rayon. Tout va très bien pour lui, merci.
Alex Turner contre Pete Doherty, la lutte pour la British Rock Star de la décenie risque d’être rude..