Archive for juin 9th, 2008

09
Juin

Hefner strikes again

En passant à la machine à café l’autre jour (pour noter les nom de ceux qui ne travaillent pas, rassurez vous 😉 ), mon sang n’a fait qu’un tour à la vue d’un jeune stagiaire revenant du Comité d’Entreprise avec le Cd suivant :

Pour couper court, c’était plus fort que moi, je suis allé voir ce petit jeune. Renseignement pris, il l’a emprunté au hasard parce qu’il trouvait la pochette sympa. Il y a d’ailleurs peu de chance qu’il l’apprécie, étant donné les 3 autres disques qui trainaient dans ses mains à ce même moment.. Fin de l’histoire.
Sans vouloir la jouer snob, donc, cette pochette ne dira rien à 99% d’entre vous. Mais au dernier % qui reste (et qui ne l’ont pas acheté pour la pochette) , je suis certain que ces quelques lignes feront plaisir, comme je sais quel disque ils mettront dans leur platine en rentrant (enfin pas tout à fait, j’ai 1 chance sur 4 – voir plus loin).

Hefner est donc LE groupe le plus sous-estimé, le plus sous-écouté de l’histoire de la britpop. Bon peut-être pas quand même, on apprend finalement qu’ils ont été pendant longtemps les chouchous de John Peel (qui de ce que j’en sais est l’équivalent de Bernard Lenoir en Angleterre). Mais disons qu’ Hefner n’a jamais rencontré le succès qu’il mériterait. Issu de la scène londonienne de la fin des 90’s, le groupe formé autour du chanteur Darren Hayman rencontre un certain succès d’estime avec leur 1er album Breaking God’s Heart, enregistré en une prise et de production assez minimaliste. S’ensuivent The Fidelity Wars (peut-être le meilleur d’après moi), l’excellent Boxing Hefner (en fait une compilation de Faces B pour aborder sereinement les années 2000) et enfin le plus moyen mais largement correct quand même We Love The City. J’omets volontairement la dernière tentative d’Hefner avant de splitter, Dead Media relevant plus de l’expérimentation electro à mon sens.

Le style d’Hefner est d’abord largement lié à la performance vocale du chanteur Darren Hayman (ci-dessus au centre avec les lunettes), puisque ce dernier chante juste.. plusieurs fois par chanson. Certes cette fausseté ne saute pas aux oreilles tout de suite, mais si on fait attention, on arrive à se demander s’il le fait pas exprès. On notera également des textes un peu plus soignés que la moyenne des groupes de britpop. On est ici bien plus du côté de la pop intello que de la pop prolo (on est plus Blur ou Pulp qu’Oasis pour faire simple. Hihi, Pulp-Oasis, j’avais jamais remarqué). Même si la plupart des chansons traitent de relation amoureuse et/ou de rupture (quand ce n’est pas d’addiction à l’alcool), nul n’est besoin d’être agrégé en anglais moderne pour se rendre compte que le vocabulaire généralement employé est plus enlevé que le genre habituel.
Hefner cultive également une iconographie propre véhiculée par leurs pochettes de disque, issues du pop art, comme en témoignent les images suivantes.

Enfin Hefner est également célèbre pour avoir écrit toute une série d' »Hymnes » (qui ne sont rien d’autre en fait que de très bonnes chansons pop) :
The Hymn for The Cigarettes, The Hymn for The Alcohol, Hymn for the Postal Service, The Hymn For The Coffee, The Hymn For The Things We Didn’t Do.
L’Hymne pour les Cigarettes est peut-être le plus réussi (et de quoi ruiner des décennies de lutte anti-tabac, toutes les marques y passent).. et le voici dans sa version intégrale :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/06/hefner-cigaret1.mp3]
Pas toujours politiquement correct non plus, l’excellent The Day That Thatcher Dies sert de prétexte à la préparation d’une fête pour le jour ou l’ancienne Prime Minister viendrait à décéder, programme à base de We will dance and sing all night, suivi par un refrain chanté en chœur par des enfants : Ding, Dong, The Witch is dead,
which old witch? The wicked witch.
Ding dong, the wicked witch is dead
.
Refrain qu’on retroube à la fin de l’extrait diffusé ici :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/06/hefner-thatcher.mp3]

Il n’en fallait pas plus pour fédérer un club de fans fidèles autour du groupe y compris en France. Et lorsque j’assistai à leur concert en 1ere partie des Preston School of Industry (groupe formé autour du guitariste de Pavement et dont le wiki ne raconte pas grand chose, sinon que le groupe Wilco a participé au projet. Le monde est petit.) au Nouveau Casino il y a maintenant 6 ans, (tiens peut-être le seul concert où je me suis rendu seul !) je ne fus pas surpris de voir plus d’enthousiasme pour Hefner que pour le groupe annoncé en tête d’affiche.
Hefner a également réinventé les ballades en duo Chanteur/Chanteuse (oui, comme Stone et Charden en leur temps, mais en mieux !) Exemple avec le très beau Don’t Flake Out On Me :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/06/hefner-10dontflakeout.mp3]

Et bien ces fans là vont avoir de quoi se réjouir puisque le site internet hefnet.com vient d’annoncer une reformation du groupe (du moins Darren Hayman et son guitariste, en attendant mieux), avec à la clef une réédition de l’album The Fidelity Wars, agrémenté de nombreux inédits. En plus une petite tournée à ne pas manquer, mais pas de date annoncée en France pour le moment…tout comme les disques ne sont plus disponibles à la vente dans l’Hexagone. Si y’a besoin vous pouvez toujours me demander..