14
Oct
08

Dans ce domaine comme dans d’autres..

Les filles ne seraient-elles pas en train de prendre le contrôle ? Illustrons un peu ce propos avec 2 exemples :

Elise, 30 ans, San Francisco. DJ du canal « indy-pop rocks » de Soma Fm. J’ai déja rappelé mon attachement à cette radio depuis plusieurs années, pendant lesquelles j’ai desespérément cherché un concurrent serieux. Jamais trouvé. Son espace perso est ici.

Blanca, 29 ans, Madrid. DJ du Moloko, bar résolument Rock Indépendant de la capitale espagnole. Chez elle, c’est .

En regardant les influences de ces demoiselles, les 2 profils m’inspirent ceci :
– les groupes que je connais, j’aime vraiment et j’écoute ça à longueur d’année (Shins, Stars, New Pornographers, Grandaddy, Apples In Stereo, etc…)
– les groupes que je ne connais pas sont plus nombreux que les précédents. Le seul commentaire qu’ils m’inspirent pour le moment, est le suivant : « pourquoi bordel j’ai pas tous ces disques à la maison ! »

Pourquoi ces 2 dames là ?
La première est DJ dans le sens animatrice de radio. J’ai déjà souligné mon dégoût de la radio rock fm actuelle, qui ne prend plus un risque pour etre le premier à passer des artistes interessants, et ont pratiquement toutes franchi le cap 100% commercial. Les exemples ne manquent pas (Le Mouv, Oui Fm, Virgin Radio, RTL2 ou je ne sais quoi encore).
Des risques, Elise en prend tous les jours en programmant des artistes de la scene indépendante, parfois signés sur des Majors, mais quand meme souvent en dehors de ce circuit. Et surtout au mépris de tout circuit commercial puisqu’elle le fait sans vendre 1 seule seconde de publicité. Au risque de fragiliser la survie de la station.
La seconde est DJ dans le sens où elle passe des disques dans un club (plutôt un bar) pour faire danser des gens. Là encore, la performance est à signaler lorsqu’on sait quel type de soupe est servi en général dans les clubs.
Dans le même style, citons aussi le collectif PMU (comprenez Pop Music United) qui sévit au Pop’In de temps en temps, emmené également par une jeune fille.

Ne cherchez pas une quelconque revendication d’ordre féministe dans mes propos. Ces 2 dames là ont largement dépassé ce débat.
Nous sommes au 21e siècle, et il est d’usage de passer des disques signés Universal en radio en attendant la prochaine coupure publicitaire, comme il est d’usage de payer une fortune des DJs qui revendiquent leur statut d’artiste pour mixer 3 rythmes électroniques.
Au mépris de ces règles commerciales, ces jeunes filles sont devenues ce qu’il convient d’appeler des références, des pointures, osons même dire les meilleures, à force de passion.
Chaque heure passée en leur compagnie nous rapproche un peu (seulement, mais c’est déja bien) de la discothèque parfaite. Et tout ce que j’arrive à dire c’est « pourquoi j’ai pas tous les disques de la discothèque d’Elise chez moi ? », et « pourquoi je n’étais pas au Moloko le week end dernier ? »

Des groupes emmenés par des jeunes femmes, Elise et Blanca en supportent un bon paquet, de Stars à Rilo Kiley, en passant par Tilly and The Wall, Tegan and Sara et bien d’autres. Si vous le voulez bien, concluons alors ce post par l’un de ces groupe, une video pleine de la douceur d’Emily Haines, avec la moitié du groupe Canadien Metric:
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=P_tsD3Dyfnc&feature=related[/youtube]

Immédiatement suivie de la version live du même morceau (Live it Out, tiré de l’album du même nom) accompagné du groupe au complet, pour les fans de plus gros son à base de Telecaster tranchante.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=MGB_D82tR54&feature=related[/youtube]


2 Responses to “Dans ce domaine comme dans d’autres..”


  1. 1 namouze Oct 16th, 2008 at 23:33

    Magnifique article Vince. Je pense qu’un troisieme DJ, masculin cette fois, pourrait tout aussi bien sevir à Paris, par exemple au pop in, s’il n’avait 3 bouches à nourrir. Remarque il serait toujours possible pour ce 3eme larron de recuperer des mix nocturnes en buvant des cafe en terrasse (de chez Paul). Ce DJ potentiel se reconnaitra.
    En attendant, je paie cher mes exces madrilenes de la semaine dernier puisque j’ai passé la journée cloué au lit par une creve carabinée mais je ne regrette rien: j’etais au Moloko le week end dernier.
    allez hop un dernier « Mates of the states » et au dodo.

  2. 2 Syl Oct 18th, 2008 at 15:26

    Eheh, confirmation: Blanca, très touchée par ton article, est une grande fan d’Elise.

    Bon, moi j’ai quand même envie de corriger tes propos:
    1. Blanca n’est pas la DJette résidente du Moloko et elle « pinche » dans d’autres endroits, en particulier elle a longtemps été… surprise… au Tupperware, et elle passe aussi beaucoup actuellement à l’Independance Club, qui est une vraie boîte Indie avec du rock tous les Jeudi, Vendredi et Samedi soirs.

    2. Sur le rock indépendant en général, il faut savoir que ce n’est pas forcément un domaine en danger, forcément bouffé par le fric et les majors. Le Tupperware, il était plein jeudi soir! Le Moloko, il était également bondé vendredi soir! L’independance club de Madrid a tout récemment ouvert une soirée du jeudi qui n’existait pas l’an dernier, plus un bar « affilié » juste en bas de chez moi. Ici à Madrid, je connais une bonne dizaine d’endroits indie, et qui marchent. Next time, restez pour voir le dimanche après-midi à la Feucha, c’est assez incroyable. Et puis il faut voir le nombre de petits groupes qui jouent tout le temps sur Madrid.

    3. Tiens, DJ père de famille, tu viens quand partager un set avec Blanca?

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