Archive for novembre 3rd, 2008

03
Nov

A l’origine ?


En lisant le commentaire de Sylv sur mon dernier post, j’ai effectivement réalisé que le Rock Indé (si tant est que la définition du Rock Indé soit si évidente que ça) jouissait aujourd’hui d’un certain regain d’intérêt. Regain, à mon avis, en grande partie dû au développement des outils tournant autour d’internet (le téléchargement en est un). Je ne ferai pas le débat du pour/contre le téléchargement, mais il est assez évident qu’il permet de se procurer rapidement des albums qu’on n’aurait jamais l’opportunité de découvrir ou d’acheter. Et bien entendu apprécier des petits concerts jusqu’ici passé inaperçus, j’en veux pour preuve une courte liste non exhaustive de ce que j’ai pu voir ces derniers temps dans cet esprit là :
– Rilo Kiley au Nouveau Casino (à moitié vide d’ailleurs)
– Death Cab For Cutie au Trabendo
– Ben Kweller à la Maroquinerie (bon plan de Vince, ça se passe le 2 décembre 2008 à l’Européen, seule date française)
La renommée d’un artiste se faisant principalement par le bouche à oreille ou parfois le prêt de disques, on comprend la puissance de l’internet dans la diffusion du Rock Indé aujourd’hui.
Malheureusement certains groupes n’obtiennent pas la diffusion méritée. C’est parfois injuste, profondément, comme c’est le cas pour Grandaddy.
De tous ces petits groupes américains, Grandaddy fut le premier à rejoindre ma discothèque, lorsque je tombai sur cet extrait chez Lenoir, quelque part, fin mai 2003. El Caminos In The West est alors promis à un bel avenir selon Lenoir, puisqu’il le destine à être le tube de l’été. Lorsqu’on entend le refrain, on acquiesce, forcément :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/10/grandaddyelcaminosinthewest.mp3]
Je notai alors la date de sortie de cet album. C’est la première fois que j’entends parler de ce groupe, l’album est prévu pour le 10 juin 2003.
J’ai donc acheté l’album Sumday le jour de sa sortie et j’ai pris ce qu’il convient d’appeler une bonne claque. A noter, le Hail To The Thief de Radiohead est sorti exactement ce même jour du 10 juin 2003, je suis donc revenu à la maison avec 2 albums plutôt qu’un.

Pour replacer les choses dans son contexte, c’est l’été du 1er Rock En Seine, et ce qui n’était pas plus mal en fait, ne durait qu’une journée (PJ Harvey, Beck, Massive Attack), l’époque aussi des 1ers Tshirts Soma fm. (belle photo sur le lien, non ?). Bref je ne sais s’il faut y voir un signe quelconque, mais cet album de Grandaddy fut véritablement le 1er album de Rock Indé Américain que j’écoutais. (Enfin pas tout à fait, peut-être y’avait-il quelques disques de Pavement quand meme), étant moi-meme largement plus ancré du côté de la British Pop à l’époque. Je me risque également à quelques comparaisons, du style « Grandaddy est au Rock américain ce qu’est Radiohead à la Pop anglaise ». Thèse que je ne suis pas le seul à défendre, cela dit, voir ici ou . Quoi qu’il en soit, c’est à peu près à cette époque (été 2003) que je prends un nouveau virage du côté du Rock Indé US, aidé notamment avec une écoute de plus en plus régulière de la radio Soma Fm.

Grandaddy, père de la scène Rock Indé US ? Il y a un peu de ça, sans mauvais jeu de mot d’ailleurs. Un son puissant, s’appuyant sur une rythmique carrée, des envolées lyriques et des expérimentations servant une mélodie toujours impeccable, parofis même planantes.
Ce groupe de barbus (à ne pas confondre avec ZZTop bien-sûr) nous vient donc de la ville de Modesto (200 000 habitant) au beau milieu de la Californie, qui donne tant à rêver si l’on en croit Wiki : « The area is plagued by some of the worst air quality in the nation, on occasion surpassing even that of Los Angeles. » Emmené par le chanteur/guitariste/clavieriste Jason Lytle, Grandaddy a donc publié au début du siècle 2 chefs d’œuvre majeurs, les albums Sophtware Slump en 2000 et Sumday en 2003.
Tout de suite un extrait du 1er, le très beau Hewlett’s Daughter :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/10/grandaddyhewlett.mp3]
Ce même Hewlett’s Daughter faisant suite au He’s Simple, He’s Dumb, He’s The Pilot, titre de presque 9 minutes, peut-être le plus représentif de l’univers Stratosphérique qu’emprunte parfois Grandaddy. Ca commence comme ceci :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/10/grandaddy-hessimplepart1.mp3]
et s’acheve comme cela :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/10/grandaddy-hessimplepart2.mp3]
Alors pourquoi parler de ce groupe au passé ? Et bien Grandaddy n’est plus, il s’est séparé courant 2006, n’ayant jamais rééllement trouvé son public comme on dit. Pour faire bref, il n’ont jamais vraiment vendu assez pour vivre de leur musique. Peut-être sont-ils arrivés trop tôt d’ailleurs, ont manqué de quelques années la diffusion massive par internet de ce type de musique. Et il est vrai que les albums publiés après 2003 furent un peu moins intéressants. En tout cas lorsque l’on évoque le nom de Grandaddy, on ne peut s’empêcher de penser « quel gâchis ».
Merci pour tout, messieurs, tout le plaisir était pour moi..
Finissons encore une fois par une petite video, un petit concert de Jason fraichement rasé,à l’acoustique.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=7yPN4ryWeRs[/youtube]