Archive for février 18th, 2009

18
Fév

What a waster…

« What a fucking waster » chantait Pete Doherty entouré de ses Libertines époque 1er album.

Quel gâcheur ou quel gâchis, voilà ce qui vient à l’esprit lorsqu’on évoque le sujet Bertrand Cantat.
Car cela ne vous aura pas échappé, le nouvel album de Noir Désir arrive. Pour l’heure seuls deux titres circulent sur leur site internet en téléchargement gratuit, dont une reprise du Temps des Cerises, et Gagnant-Perdant, charge en règle contre notre cher président et le système plus généralement.

Refaisons le film. Nous sommes en 2002. Et oui cela fait déja plus de 6 ans, et Noir Desir est alors à l’apogée de sa carrière. Leur nouvel album Des Visages, Des Figures se vend encore mieux que le précédent, lui-même s’étant mieux vendu que l’album d’avant, etc.. L’album est évidemment courroné par une Victoire de La Musique (au royaume des aveugles..). Ces victoires que le groupe a pris l’habitude de collectionner mais surtout de boycotter, cette fois Cantat et sa bande viennent la chercher. Ils ont un message à adresser à leur nouveau patron, Jean-Marie Messier, alors maitre du monde, patron d’Universal qui vient de racheter leur petit label.
Pour mémoire, et parce que c’est quand même un grand moment, on trouve cette video ici :
[youtube]http://fr.youtube.com/watch?v=HOd9dYpzIgA[/youtube]
Un mois plus tard, c’est le choc politique, Le Pen au second tour de la présidentielle à la place de Jospin. Un concert de rassemblement est aussitôt mis en place, avec en tete d’affiche, Noir Désir bien entendu. Bref Cantat est partout. 1 an plus tard, il sera surtout à la une des faits divers pour avoir tué sa femme.
5 ans passeront donc avant la sortie de Cantat de prison pour bonne conduite. Quel gâchis alors..Oui ce groupe avait réussi là ou tout le monde avait échoué ou presque. Réussir à faire sonner Rock N Roll la langue française. Une espèce d’équilibre parfait entre Brel, Ferré d’une part, et le rock anglo-saxon d’autre part. Tout ça servi par des textes balancés entre la poésie et la revendication sociale, la politique parfois aussi. Réussi également sur la durée, et un bon paquet d’albums (5 ou 6 ?) d’un niveau plus que remarquable, avec bien-sûr cette énergie unique sur scène.
Las. Cantat a craqué. Et par son geste, il nous a laissé tombé. Pendant ces 5 ans passés en prison, le monde a changé. Pas en bien. Comme si le capitalisme libéré de sa compétition avec le bloc de l’Est avait décidé d’en finir avec lui-même. A tel point que ce meme Messier se réclame désormais pratiquement de l’altermondialisme, on croit rêver…
Alors bien entendu ce dernier single Gagnant-Perdants est un constat d’échec. Malgré un texte plutôt réussi dans l’absolu, j’ai quand même bien du mal à l’écouter avec l’enthousiasme qui mériterait (peut-être). Bah oui on a élu « Pimpronelle et Nicolas, qui nous endorment parfois.. » comme tu le dis. Mais tu étais où Bertrand pendant tout ce temps…