17
Nov
09

C’est pas toujours marrant


A Mon Fils, Julian, Elliot B.
A mes amis, à qui je souhaite plein de bonnes choses, mais qui ne trouveront jamais de prénom aussi génial 😉

Bon Xav s’est pas mal lâché sur Radiohead l’autre jour. Perso, je suis un gros gros fan de Radiohead. Mais je suis peut-être largement plus touché par la musique du Monsieur en photo, là. Ce post est en quelque sorte une réponse à l’article de Xav, quoi. Quoique sans doute moins exhaustif. Tiens d’ailleurs, une partie de début de réponse du « Pourquoi le Blog s’appelle Half/Right ? » se trouve dans l’article. Bon un peu caché quand même. Il faudra d’ailleurs qu’on lance un grand jeu concours, un jour.
Bon on verra. Allez on y va. Il faut que je vous raconte une anecdote. Je vous préviens c’est pas très marrant. Octobre 2003, je suis en période de sous-charge assez marquée de ma boite de de l’époque (qui a dit comme d’habitude ?). Comme tous les jours ou presque, je prends l’apéro au Syndicat. Bar résolument rock mais très détendu et bon marché dans le 12e, aujourd’hui disparu, je discute avec le barman, qui fait aussi le Dj. (NDLR, Quelques semaines plus tôt, le barman m’avait dit en arrivant « il a craqué Cantat ou quoi ? » suite à son pétage de plomb en Lituanie.)

Sa compil d’un coup se met à jouer Waltz #2 que je reconnais dès les 1ers coups de futs. Et d’ailleurs je cherche une chanson pour ouvrir mon mariage quelques mois plus tard, c’est parfait, hop vendu (véridique). Bref j’adresse au barman un « très bien, ça » pour faire le malin. Il me répond « prenons ça comme un hommage ». Hein ?? Quoi ?? Bah oui, il s’est suicidé aujourd’hui. Harakiri il parait, tellement il était malheureux. Et pas assez beau, et tout ça.

Songwriter américain malheureux du milieu indépendant, période fin 90’s, début 2000, qui n’a jamais connu le succès qu’il mérite, loin s’en faut. Jugez plutôt, sa seule gloire fut d’avoir été nommée aux Oscars pour la musique du film Will Hunting (merci Gus Van Sant !!). Histoire d’un gamin surdoué joué par Matt Damon, avec Robin Williams et également Ben Affleck (1ers roles pour les 2 gamins). Le film est moyen mais la musique est pas loin d’en faire un chef d’œuvre, Miss Misery et Los Angeles donnant cette touche d’émotion sans sombrer dans la mièvrerie. Et donc il a été nommé aux Oscars, il a joué sa chanson en direct devant des millions de téléspectateurs dubitatifs, mal à l’aise dans son costume blanc, prestation qu’on peut admirer ici : [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=EbQ4sFGmANk[/youtube] … et a perdu face à Titanic (Céline Dion). C’est dire si le monde est injuste.

Elliott Smith est bien entendu mon songwriter préféré, interprète préféré, et a écrit les plus belles chansons du monde (bon ok, Lennon a fait 2-3 trucs sympas aussi). Il les joue avec un dépouillement et un talent tout à fait unique, de la batterie aux claviers, et évidemment la guitare. Souvent acoustique mais pas toujours. La voix se pose dessus et tout d’un coup, en exagérant un peu, j’ai envie de dire que Jeff Buckley passe pour du Patrick Sebastien chantant « la fiesta » à côté. Je sais c’est pas très gentil, et en plus j’adore Jeff Buckley, mais c’est comme ça. Jeff c’est la gueule d’ange que tout le monde se doit d’aduler, et à juste titre. Mais Elliott c’est Quasimodo. La mélancolie, ses problèmes, ses malheurs personnels, on voit que c’est pas du pipot et tout ça fait plus que transparaitre dans chacune de ses chansons. Ecoutez donc « Happiness » et vous comprendrez, si ça c’est sa notion du bonheur et bien on peut se demander ce que peut être le reste [audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/elliotthappiness.mp3]

Apres avoir joué dans un groupe du mouvement grunge-punk proche de Seattle
(Heatmiser, début des 90’s dont je recommande chaudement au passage l’album Mic City Sons), Elliott Smith a donc tenté sa chance en solo et sur 6 albums. Dont 2 posthumes. De l’album très dépouillé, très acoustique Either , Or de ses débuts (le titre 2.45 am constitue un modèle du genre, tout en retenu, qui ne demande qu’à exploser mais reste superbement contenu – et surtout le titre Angeles qui reste un ovni de la guitare pour moi) [audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/09-angeles.mp3]

jusqu’à son dernier album de son vivant Figure 8 ,nettement plus produit, plus long aussi, où l’on trouvera son plus gros hit (Son of Sam, vaguement passé sur oui fm à l’époque, et encore) ou encore le chef d’œuvre I’d be better quiet now. Ce dernier album qui se termine par un titre qui donne froid dans le dos,
quelques notes sur un piano qui semble s’éloigner. Le titre s’appelle Bye. Quand on connait comment il a fini…[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/16-bye.mp3]

J’ai mis à profit ces vacances d’été pour réécouter l’intégralité de ces albums (enfin les dernières vacances, celles d’avant, et encore avant). Il y a largement de quoi faire une bonne sélection de son œuvre, 6 albums au compteur je crois en comptant les 2 posthumes (d’un très bon niveau au demeurant), sauf qu’il me serait très difficile de sélectionner ou d’écarter quoi que soit. Même l’album Figure 8, assez décrié par les fans de la première heure regorge de pépites, sans parler des 2 albums posthumes. A noter, lors de ses derniers jours, évidemment sa nana s’était barré, et évidemment l’album qu’il avait enregistré n’intéressait plus sa maison de disque. Dehors Elliott. Ce même disque (From a basement on the Hill) étant devenu tout de suite beaucoup plus intéressant pour cette maison de disque une fois E. Smith suicidé. C’est moche la vie. Heureusement il reste la musique.

PS : En complément, pour les plus vaillants d’entre vous, une video d’Elliott, jouant Angeles en live, seul.
[youtube]http://youtube.com/watch?v=La8Y6n0oqz0[/youtube]


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