Archive Page 2

24
sept

Petite devinette

J’ai donc une petite devinette à vous proposer aujourd’hui : Qu’est ce qui a rendu la ville de Milwaukee célèbre ? (Wisconsin, Etats-Unis)
Vous ne savez pas ? Allez un petit effort, je fais appel là à votre mémoire et à votre culture de la civilisation américaine (oui aux US, ce qui a plus de 30 ans fait partie de la civilisation) .
Bon, je vous aide, Milwaukee est la ville dont sont originaires Richie, Fonzie et toute sa bande. Bon on se fait le générique ?
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=5rqppEj4Dus[/youtube]
Génial, non ?
Bon il se trouve que ce n’est pas la réponse à la devinette. Non pas vraiment. Petit aparté quand même, pour moi la série Happy Days, c’est aussi le clin d’œil appuyé de Weezer dans leur clip Buddy Holly.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=FiIC5qcXeNU[/youtube]
Tres bon aussi. Mais ce n’est pas non plus la réponse à la question. What Made Milwaukee Famous est en fait un groupe de Rock Indé américain qui sévit depuis 2005. Et qui n’est pas originaire du Wisconsin du tout, mais du Texas (Je vous ai dit que j’allais au Texas début novembre au fait ? Promis cette fois je ne ramène pas de guitare.) . Comme quoi il n’y a pas que ZZ Top et les armes à feu dans cet état qui fout un peu les jetons quand même.

Alors je sais, je suis pire que le NME. Tous les 15 jours, j’invente le meilleur groupe de tous les temps, je presse toutes mes connaissances de tout laisser tomber pour se procurer et écouter en urgence the band to listen to (c’est une expression que j’ai inventée. Inspirée de the place to be pour qualifier les endroits à la mode). Vous êtes en droit de vous dire à peu près ceci :
« C’est vrai Vince, tu es agaçant à la fin. Il ya eu Death Cab de Seattle et ses cousins Californien de Rilo Kiley, puis The Shins, puis les Canadiens de Stars et ses cousins de Metric. Tous étaient le meilleur groupe du monde. Et maintenant tu me racontes une histoire de groupe texan vaguement apparenté à Happy Days. Prend un peu de recul, je sais pas. Invente une Échelle type Richter comme les tremblements de terre, et tu reviens nous voir seulement pour les disques qui dépassent 7 ou 8 sur cette échelle. »
Une échelle de Richter. Il est marrant lui. Quand on est à fond, on est à fond. Et c’est vrai. Tous ceux là méritent bien le titre de meilleur groupe du monde. Mais bon ce groupe là, What Made Milwaukee Famous, c’est quand même MON Kiff de la rentrée. Si vous le voulez bien, faisons connaissance au cours d’un voyage un bus :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=olowc4LAIbo[/youtube]
Pas mal, non ? Titre Sultan, extrait du dernier album.
Après une tournée US en 1ère partie de Franz Ferdinand alors que leur premier opus n’étais même pas signé en maison de disque, le groupe a su en 2 albums, Trying to Never Catch Up (2006) et What Doesn’t Kill Us (2008), s’ imposer (au moins dans ma discothèque, mais pas seulement je crois) comme une des valeurs sûres du Rock Américain. Côté musique, c’est finalement assez varié. On a parfois l’impression que le quintette reprend le Rock là où a l’a laissé Weezer après leur 1er album. A d’autres moments on est carrément du côté des Shins, Death Cab, et pourquoi pas Clap Your Hand. Bref les classiques de la scène indie Nord Américaine. Le premier extrait suivant lorgne un peu du côté de Muse, ou du côté d’un rock un peu plus progressif avec grosse rythmique.

On se quitte sur quelques extraits ?
Issu du 1er album :

Issu du 2ème album :

Issu du 2ème album :

PS : J’en profite que la section commentaire est ouverte à tout commentaire éclairé ou même obscur. Si vous ne souhaitez pas que celui-ci soit lu par tout le monde (par exemple vous voulez que je vous prête 2/3 disques, ou vous vous demandez pourquoi on ne chronique pas le nouveau Florent Pagny, ou vous vous demandez ce qu’est le NME sans que tout le monde le sache que ne vous savez pas. Ou Pire vous n’avez jamais vu Happy Days ?), la rubrique « nous contacter » est là pour ça. Vous pouvez même envoyer un mail à contact@half-right.fr. C’est pas la classe, ça ?

10
sept

Portico Quartet, de la rue au Mercury Prize en 3 ans

Ce matin, avant de partir au boulot, FIP Radio balance ses actualités, en les terminant par les résultats du Mercury Prize, qui récompense le meilleur album anglais de l’année passée. C’est généralement une bonne référence – à la différence, par exemple, de nos Victoires (le plus souvent).

Bref, FIP m’annonce que c’est Elbow qui remporte la donne, avec son 4e album, The Seldom Seen Kid, face à Radiohead, Robert Plant, Last Shadow Puppets ou encore Neon Neon. For bien, j’ai le premier album d’Elbow, Asleep in the Back, qui était boaaaaaarfmwè, je testerai avec plaisir ce 4e.

Histoire de voir si je pouvais choper du bon son, je suis allé ce midi voir la liste des nommés au Prize de cette année. J’y croise notamment les déjà-connus Adele, British Sear Power et Burial, et clique sur les autres, inconnus jusqu’alors : Laura Marling, Neon Neon, Portico Quartet…

Portico Quartet, « surement un truc de Jazz », me dis-je. Je lis la description.

« Formed in 2005, the four-piece group, all in their early 20s, were discovered after regularly busking outside the National Theater in London and signed to The Vortex label in 2007. » Tiens c’est marrant, c’est comme le p’tit groupe qu’on avait croisé un soir en retournant à l’Eurostar…

« Portico Quartet make unique use of the hang, a recently-invented Swiss percussion instrument which underpins the album’s double bass and saxophone-driven melodies. » NOM DE ZEUS, MAIS C’EST BIEN EUX ! Contrebasse, saxophone, et surtout HANG, quoi, le tout devant le National Theater de Londres, ça ne peut être qu’eux !

Par « eux », j’entends le groupe dont j’avais déjà parlé sur mon propre blog, chers lecteurs et néanmoins inconnus, dans un article intitulé « Hanging in London« . Ils ont fait du chemin depuis qu’on les a croisés, en cette journée de 2005, en route pour notre train de retour à Waterloo Station, et donc en passant devant le National Theater. Je découvre sur leur page Wikipédia que leur premier album, Knee Deep in the North Sea a par ailleurs été nommé « Meilleur album Jazz de 2007″ par le magazine anglais Time Out. Un article du Telegraph (avec une chouette vidéo) indique qu’ils bossent déjà sur leur 2e album, au studio Real World de Peter Gabriel… Ce même article nous apprends comment s’est formé le quartet : « We used to play along the South Bank. Me and Duncan [Bellamy, percussionist] were at one end; Jack [Wylie, soprano saxophone] and Milo [Fitzpatrick, double bass] busked further along. Duncan and I made £100 a day and they only made £5 a day, so they came and joined us. »

Partant de là, maintenant que j’ai le nom du groupe, je trouve plein de vidéos…

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=QkKNSNNiV5U[/youtube]

Un commentaire de cette vidéo, posté il y a une semaine : « je vous ai vus il y a 2 ans à Montmartre, bien entendu j’ai acheté votre CD sur place, concert excellentissime et des vibes bien comme il faut… » et plus loin « je vous ai vu a paris… je suis de tuolouse moi, j’ai votre cd, et je l’écoute toujours, je m’amuse a improviser dessu a la flute ». Voila qui va encore plus me faire regretter de ne pas avoir acheté leur CD pour 10 malheureux pounds il y a 3 ans, ça :)

En 2005, ils n’avaient pas encore tant de monde devant eux le soir, pas de cymbales… Franchement ça me fait plaisir de voir qu’ils sont arrivés à la juste conclusion d’une telle qualité musicale, et (je l’apprends) d’une telle persévérance, à jouer plus de 2 ans dans la rue pour présenter leur travail, et maintenant avoir un album acclamé et nommé aux prix musical le plus prestigieux du Royaume-Uni. Chapeau bas les gars.

Donc, je vous enjoint à retourner lire mon article de présentation du groupe (enfin, surtout de présentation du hang, leur instrument si particulier), à y écouter le MP3 tiré de ma vidéo inexploitable (car trop sombre), et même à acheter leur album, bordel : les p’tits jeunes, ‘faut les encourager dans la juste voix. Yay for Portico Quartet!

07
sept

We thought we lost you …

..Welcome Back.
C’est sur ces mots de bienvenue des excellents New Pornographers que je déclare ouvertre la Saison 2 d’Half-Right.

Le post de rentrée sera très court, mais peut-être utile à ceux qui connaissent pas les New Pornographers. Je suis avec attention ce groupe Canadien labellisé « indie-rock » originaire de Vancouver depuis quelques années. Bon Ok, peut-être pas depuis leur 1er album (Mass Romantic, paru en 2000), mais quand même, au moins depuis que… bah disons depuis que j’ai une liaison internet haut-débit. Aussi quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’appris que leur titre, que dis-je, leur bombe atomique The Laws Have Changed figurait sur la BO de la série américaine Weeds. Pour ceux qui ne connaissent pas non plus, voici le bruit que fait de cette bombe atomique :

Sur le dernier album des Canadiens, Challengers, sorti en 2007, figurent beaucoup de chansons de qualité. La perle se trouvant à la fin de l’album, avec le titre Adventures In Solitude. Ce titre que je livre ici en intégralité, plein de mélanges subtils, chanté à moitié par la chanteur, puis la chauteuse est un pur chef d’oeuvre. Je ne suis pas fan des chansons à violons, mais il faut reconnaître que quand elles sont réussies, c’est assez énorme. Comme souvent sur ce type de chansons, le meilleur est à la fin, donc écoutez jusqu’au bout…

Allez, sur ce, bonne rentrée !

25
juil

Les 10 albums à emmener cet été…

Une fois n’est pas coutume, Xav et Vince vous proposent un post commun, réunissant les albums à mettre dans votre baladeur pour passer un été serein – et partir sans craindre d’avoir raté une nouveauté essentielle. Ces 10 albums sont sortis en 2008, et accompagneront votre été, à la plage, à la montagne, à la campagne ou à la ville.

Et oui, l’année touche à son milieu, et avant de partir écouler des congés payés sous des pâturages plus verts (ou plus ensablés), il est temps de voir ce qu’a donné la moisson musicale 2008 jusqu’ici.

Voici donc les 10 albums que nous avons aimé depuis janvier, classés en trois sélections : celle de Vince, celle de Xav, et une sélection commune. Les disparités ne veulent pas dire qu’on n’a pas aimé un album par rapport à l’autre, peut-être juste qu’on l’a moins écouté. Si l’on partage pas mal de playlists, on ne va pas jusqu’à s’imposer le même ordre de lecture…

De fait, vous pouvez considérer les albums de la sélection commune comme nos potentiels finalistes pour l’album de l’année, si jamais il nous venait l’idée de faire un tel classement en décembre :)

Sélection commune:

Nada Surf – Lucky

Il est bien loin le temps ou Nada Surf avec son tube « Popular » nous semblait tout droit extrait de la mode Power-Pop-Punk-PostGrunge lancée par Green Day et Offspring. Comme quoi il ne faut pas se fier aux seules radios GM. Ce groupe New-yorkais aux membres impeccablement bilingues Anglais-Français, signe ici son cinquième opus, aux mélodies pop toujours impeccables et aux arpèges toujours aussi éclairés. Fait notable pour les fans de Rock Indépendant, l’album est produit par John Goodmanson (producteur habituel de Death Cab For Cutie et Blonde Redhead)


Last Shadow Puppets – The Age of the Understatement

L’attachement à ce gamin a déjà été souligné dans ces colonnes . Turner ou l’art de faire un surprenant break de grande qualité.


Girls In Hawaii – Plan Your Escape

Le retour des belges d’Hawaii a déjà fait l’objet de 2 posts (Vince pour la version studio, Xav pour la version live). Une chose est sure, si la Belgique éclate un jour en deux, il faudra prendre soin de les récupérer au passage.


MGMT – Oracular Spectacular

Le groupe qui monte emmené par un single impeccable, sans doute l’attraction de tous les festivals estivaux. Half/Right vendu ? Bah, écoutez au moins l’album…

Sélection de Vince:

The Kills – Midnight Boom

Un petit commentaire sur celui-ci, puisqu’il n’a fait l’objet d’aucun post. Et pourtant ce fut peut-être l’album que j’ai le plus écouté cet année. Duo atypique établi à Londres. elle est américaine et lui anglais, à moins que ce ne soit l’inverse, ils sont souvent comparés aux White Stripes, mais sonnent quand même beaucoup plus punk/garage. Avec ce 3e album ils prennent un virage quelque peu éléctro, sans s’éloigner de l’esprit indépendant sans concession. J’aime beaucoup.


Weezer – Red Album

On ne peut que saluer la longévité du groupe au son reconnaissable entre 1000. On saluera particulièrement la video du single et le projet aux 19 couplets. Xav a déjà tout dit ici.


Dresden Dolls – No, Virginia

Merci à Céline pour le tuyau. Contrairement aux apparences, ce n’est pas un groupe allemand mais américain, de Boston. Inspiré de Kurt Weill et Bertolt Brechet pour l’aspect quelque peu cabaret, avec une touche de Gothique. Alors que le son penche assez furieusement du côté de Sonic Youth ou d’autres groupes indépendants Américain. Très original, à écouter d’urgence. Et à voir sur scène encore plus.

Sélection de Xav:

Foals – Antidote

Après le génial « Mirrored » de Battles l’année dernière, qui ouvre une nouvelle porte dans le genre math-rock, j’étais curieux de savoir ce qui allait suivre. Les oxoniens de Foals enchainent donc avec la même sorte de rythmique lourde et calibrée, et ces guitares qui se répondent par salves de notes enchainées. Ce n’est pas aussi puissant que Battles, le chant pouvant être exaspérant par moment, et je me doute que nombreux sont ceux qui trouveront ce son anxiogène, mais chezmoiçamarche.


She & Him – Volume One

Zooey Deschanel n’est pas juste une ravissante actrice, elle sait aussi chanter, et écrivait ses chansons dans son coin jusqu’à ce que M.Ward lui propose de les arranger et de voir ce qu’il en sortirait. Ce qu’il en sort, c’est un album aussi charmant que sa chanteuse, mélange de chanson-cabaret et de pop très fifties, avec cette pointe de mélancolie sans laquelle la pop est trop sucrée.


Black Mountain – In The Future

Avec ses riffs gros comme une maison et ses synthétiseurs plongés dans l’huile, ce combo indie-rock canadien change enfin de l’homogénéité sonore des productions indie-popeuses de l’Amérique du Nord, notamment Broken Social Scene et tous leurs potes (Feist, Stars, Metric, The Most Serene Republic…) – au demeurant tous excellents, mais à force… Avec Black Mountain, on ressort les guitares basiques et lourdes, on se prend un peu de rock psychédélique dans la face, sans pour autant oublier de prendre du plaisir avec de la simplicité.

Et voilà. Nous vous souhaitons donc d’excellentes vacances, n’oubliez pas votre baladeur préféré… Merci à tous les lecteurs, et merci pour vos commentaires, vos encouragements. Sachez que chaque post rédigé l’a été avec grand plaisir pour nous deux. RV donc sans faute à la rentrée pour la deuxième saison d’Half/Right, et plein de bonne musique.

30
juin

Le pop rock est un sport…

…qui se joue à 3, 4, parfois à 5. Et c’est toujours Coldplay qui gagne.

C’est donc avec cette paraphrase de Gary Lineker (qui lui parlait de l’equipe allemande de football) que j’ai accueilli le dernier album de Coldplay. Chris Martin et sa bande réalisent donc tous les 3 ans l’exercice de haute voltige consistant à faire un album pas trop déplaisant aux oreilles des fans de Rock Indépendant, et surtout commercialement très rentable.
Classé Numéro un aux États-Unis dès sa sortie, ce qui n’était pas arrivé à un groupe anglais depuis 11 ans, Viva La Vida peut s’écouter à nouveau comme un album de Singles de Pop-Rock moderne, sans surprise et mortellement chiant.
Sauf que.. On ne peut que saluer la qualité des mélodies et des arrangements du quatuor, cette fois-ci servi par la production de Brian Eno. Une fois encore, il y a des synthés pour soutenir la mélodie, mais pas trop pour ne pas rebuter le fan de Rock, il y a des guitares, mais pas trop pour ne pas rebuter la bande FM. Il y a des accords de piano plaqués quand il faut faire dans le romantisme. C’est assez consensuel tout ceci, mais jamais vulgaire. Et puis l’album est bien entendu numéro 1 en Angleterre, comme en France ou il a a détrôné Francis Cabrel et Julien Doré…
Coldplay use cette fois d’infleuences parfois hispaniques, voire orientales, notamment avec ce très beau titre de 7 minutes Yes. La première partie de la piste est donc très orientale :

Puis ça s’arrête au milieu, et ça part sur un Riff très très Field Mice :

Bref Coldplay a une nouvelle fois trouvé la formule magique, et je doute fort qu’ils aient besoin d’initier des pétitions ou des lois contre le téléchargement illégal pour vendre leur album encore mieux que le précédent. Il est bien loin le temps ou j’achetai le 1er album du groupe (Parachutes) en quête du groupe indépendant sensé combler mon manque d’OK Computer (comme l’a fort bien décrit Xavier quelque par par là).
Coldplay est installé durablement et confortablement dans les fauteuils occupés par U2 et REM au siècle dernier. Et a ceux qui ne voient qu’en Chris Martin qu’un amateur de Soja certifié Agriculture Biologique/Commerce Équitable, pourquoi ne pas tenter d’aller les voir en concert, la machine est également très bien huilée. Ou chiante c’est selon. Pour ma part, j’ai toujours eu un faible pour Politik, que je montre ici en version Live à Galstonburry en 2002.
[youtube]http://fr.youtube.com/watch?v=BO0M_zooT4U[/youtube]

Et pourtant, ces derniers temps, une petite polémique accompagne la sortie de l’album. Je ne sais pas si elle sera de nature à enrayer la machine Coldplay et contredire l’adage cité plus haut (comme l’Espagne a su le faire, vous me suivez..), mais elle mérite d’être mentionnée, c’est toujours amusant.
Voila, le groupe Indépendant et complètement confidentiel qui répond au nom de Creaky Boards revendique l’antériorité du Single Viva La Vida qui vient de sortir. Et le prouve en son et image ci-dessous. Alors le clip original est d’assez mauvais goût, la ressemblance n’est pas toujours flagrante, et puis bien-sûr le coup de pub est un peu facile. Mais il faut avouer que, au moins le moment où ils font un concert dans leur cave, les Creaky Boards, et bien on entend quand même bien la même mélodie avec à peu près le même rythme…
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=eUhFLiw6h6s[/youtube].

25
juin

Revoila Lily

Pour mémoire, Lily Allen est cette jeune anglaise de 20 balais qui sortit il y a 2 ans un album plein de pep’s, de malice, et accessoirement de Singles bien classés dans les charts. Peut être un brin aidée par ses parents dans le circuit musical depuis longtemps (Feu Mick Jones des Clash étant par exemple un ami de la famille). Depuis quelques jours, la rumeur enflait sur le Web, Lily Allen a confirmé la sortie d’un 2e album très attendu, enregistré partiellement à Los Angeles. En guise de mise en bouche, on peut donc entendre sur son Espace quelques titres.
Parmi eux, je me suis laissé dire que le Guess Who Batman pourrait bien être celui mis en avant dans toutes les radios du monde, ce qui serait assez exceptionnel au vu de la mélodie associée aux paroles. Guess Who Batman est en fait une charge en règle contre le British National Party (l’équivalent anglais du FN) et son intolérance face à certains phénomènes de notre société moderne (Immigration, Homosexualité, etc..)

Voici donc un extrait de cette nouvelle chanson associé aux mots suivants. Alors ce que je voulais faire, c’est faire défiler les paroles en même temps que la musique parce que c’est assez rigolo. Genre un Karaoke. Comme je ne sais pas l’intégrer au blog, je vous invite à cliquer sur la touche lecture, et à lire les paroles en même temps. Vous allez voir, c’est très bon.


Look inside look inside
Your tiny mind then look a bit harder
Cos we’re so uninspired so sick and tired
Of all the hatred you harbour
So you say it’s not okay to be gay
Well I think you’re just evil
You’re just some racist who can’t tie my laces
You’re point of view is medieval

Fuck you, fuck you Very, very much
Cos we hate what you do
And we hate your whole crew
So please don’t stay in touch
Fuck you, fuck you Very, very much
Cos your words don’t translate
And it’s getting quite late
So please don’t stay in touch

Vous avez vu ? le petit piano, avec le Fuck you laché d’une petite voix. Et on ajoute Very very much. Génial.

25
juin

Everything free in America ..


For a small fee in America
Ainsi font les chanteurs dans la célèbre comédie (tradégie?) musicale West Side Story. Et ça continue longtemps comme ça : Industry boom in America .. Twelve in a room in America, ou encore Life is all right in America .. If you’re all white in America
West Side Story n’est pas exactement ma came, comme on dit à la Nouvelle Star, mais il me semble que ces paroles illustrent assez bien ce que je ressens lorsqu’on me parle des Etats-Unis. Tout et son contraire. Un enthousiasme énorme, rapidement suivi d’un sentiment de dégoût. Ou parfois dans l’ordre inverse, c’est selon. Comment pourrait-il en être autrement ? Pays des libertés individuelles, pourtant largement et scandaleusement reniée ça et . Pays des réussites économiques et financières, ou les riches sont très riches, mais où les pauvres sont très .. nombreux en tout cas.

Je ne connais pas bien les Etats-Unis, mais j’ai eu la chance d’y aller quelques fois (je remercie au passage mes gentils hôtes qui ont su m’y accueillir, d’Est en Ouest). Ce drôle de sentiment, très contrasté ne me quitte jamais à chaque fois que j’y voyage. Vous me direz que c’est bien comme ça partout, ici aussi. Je me permettrais quand même de souligner que ce contraste est bien grand de l’autre côté de l’Atlantique. L’air de rien, ils ont le pire néo conservateur au pouvoir et cela dure depuis 8 ans, et pourtant ce sont les premiers qui s’apprêtent à élire un président issu d’une minorité ethnique… Alors oui aussi, ils sont nuls en géographie, sont capables de confondre la France avec la Croatie, mais bon. Qui a déja entendu parler de l’Etat de l’Idaho, pourtant grand comme 7 fois la Belgique ? Et de sa capitale (Boise) ? Qui sait le situer sur une carte ? (Je fais le malin, j’ai découvert ça il y a 10 jours en me renseignant sur les géniaux Built To Spill.)
« Capable du meilleur, comme du pire. Mais pour le pire, je suis le meilleur », chantaient en cœur les sautillants FFF à la fin des années 90. Cela pourrait figurer la Statue de La Liberté. Ou tout aussi bien dans n’importe quel Jingle de chaîne de télévision ou de station de radio.
Car bien évidemment, ce contraste déteint largement sur la création artistique en général.
Prenez le cinéma, personne ne s’étonnerait si on vous disait que le même studio pouvait produire des chefs d’oeuvre comme ça , ou des merdes comme ça. Les séries américaines sont pas mal dans le genre. Quoi de commun entre le génial (legendary ;-) )« How I met Your Mother » et « Charmed » ? (désolé pour les fans de Charmed et de la famille Spelling, les nostalgiques de Beverly Hills, tout ça.. mais il faut avouer que c’est vraiment très mauvais..). Bref je pense que vous saisissez mon propos. Evidemment ce genre de constat s’applique à la musique. Maria Carrey et Christina Aguileira face à Elliott Smith et les Strokes..
Je mettrai les mauvais côtés au placard lorsque viendra mon post sur le Rock Indé Américain, mais il faudra tenter de se souvenir de cette chronique, c’est important. Je ne souhaite pas être taxé de Pro-Américain, Pro-Bush ou je ne sais quoi. En attendant je vous laisse avec West Side Story. Je ne parlerai pas de Rock aujourd’hui, mes oreilles bourdonnent encore du samedi 21.

free music
12
juin

Il y a des jours comme ça…


Je sais que beaucoup n’ont pas encore pris la mesure du dernier post de Xavier sur Radiohead , mais parfois l’actualité se permet de bousculer un peu les choses.
Ce mardi matin, je suis tombé sur le reportage suivant sur France Inter (diffusion peut-etre ultérieurement)

Dominique Aria, vendeur de disque depuis 20 ans à la Fnac a donc été licensié pour faute grave, celle de ne pas avoir respecté la procédure de sortie des objets à la vente. 2CD et un DVD, nichés dans sa poche de gilet à la sortie de son travail (comme il doit en avoir toute la journée pour remplir ses rayons), la sonnerie en sortant du magasin, la police, la convocation de la direction, et c’est 3 semaines de mise à pied. S’ensuit un licensiement sans indemnité ni explication complémentaire.

Je ne connais pas ce vendeur, mais je connais de reputation (et meme un peu plus) le dynamisme de cette ville et de cette région dans le domaine musical et artistique plus généralement.
Je connais et j’apprécie. Connu et apprécié, Do Aria, 20 ans d’expérience à la FNAC, l’est aussi dans le milieu, et certains témoignages de mes proches le fréquentant ne laisse pas de trace pour le doute quant à son honneteté.
Responsable passionné du rayon Rock Indépendant, on apprend que le personnage s’etait imposé comme véritable dénicheur de talent, assurant la promotion de ses coups de coeur jusque dans les salles de la région. Il avait ainsi contribué à faire de son rayon le plus complet des Fnac, « mieux qu’à Paris, mieux qu’à Bruxelles » apprend-on en se renseignant sur le personnage.
Je n’ai pas de doute quant à son honneteté, d’ailleurs l’absurdité d’un tel acte de vol lorsqu’on est vendeur a de quoi laisser dubitatif : 3 objets pour une valeur totale de 57€, 2 CD et 1 DVD.. alors qu’une bonne partie de son boulot consiste à recevoir des disques promotionnels et décider de les mettre en rayon ou non, cela ne tient pas debout. Surtout aujourd’hui quand on connait les différents moyens d’obtenir de la musique gratuitement sans risque.

Le site officiel pour le soutien de Dominique Aria voit en ce 1er licenciement l’ouverture de la chasse aux vendeurs. Apres la fin des disquaires indépendants, tous morts au profit de ces grosses structures, c’est le dernier pan du choix culturel musical qui s’écroule. Moins de vendeurs, moins de conseil (ou meme plus du tout), choix plus limité, etc…Tout le monde n’a qu’à écouter Madonna ou Johnny après tout.
Ce comité de soutien s’organise, lettre au PDG, avocat, témoignages , avec un slogan, « Je préfère avoir tort avec Dominique Aria que raison avec la Fnac de Lille » . Do Aria reçoit également le soutien de nombreux artistes comme Yann Tiersen, Dominique A, Sharko, etc.., et la presse régionale s’en fait l’echo, que ce soit écrite , télé , et radio (voir plus haut), où l’on apprend notamment que des structures culturelles envisagent de suspendre la collaboration artistique avec la Fnac de Lille :
[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x55ww7_le-comite-de-soutien-a-dominique-ar_news[/dailymotion]

Ceux qui ont vu et aimé High Fidelity connaissent bien l’histoire du héros joué par John Cusack, petit disquaire passionné par la musique, passionné par son boulot.
Le personnage s’evertue à faire des classements plus ou moins utiles, comme le « Top 5 des chansons du samedi matin » ou le « Top 5 des ruptures les plus douloureuses ».
A la fin du film, l’ Happy Ending amoureux pour Cusack se double d’un dernier classement toujorus commencé et jamais terminé, celui des « Top 5 des métiers qu’il aurait toujours voulu faire », en reconnaissant que c’est bien le métier de disquaire passionné qu’il est qui doit figurer en haut de ce classement.
Par cette affaire et d’autres encores, la Fnac est donc en train de tuer cette passion au sein de ces enseignes, comme elle est en train de décimer la qualité de service que peut rendre un vendeur.
Déja en 2007, les employés faisaient greve pour protester contre la mutation de leur magasin en « hypermarché » et une dévalorisation de leur travail.
Ces derniers jours, on apprend que c’est bien une restructuration qui est au coeur des préocupations. Directement visé, le rayon disque, bien-sur. Avec l’assurance d’être reclassé bien entendu.
Sauf qu’on ne peut pas demander à un disquaire passionné de Musique Classique ou de Rock Indépendant de reprendre le rayon jeu vidéo avec la meme passion. Cela n’a pas de sens.
Une rapide recherche sur internet apprendra que la Fnac a déja réduit de 40% la surface consacrée à la vente des disques pour se recentrer sur les activités plus rentables.
Dans ce contexte là, il est bien évident qu’un rayon de Rock Indépendant, fût-il extremement dynamique et rayonnant dans la région entière, est plus que superflux et meme handicapant pour la profitabilité de l’entreprise (j’allais dire actionnaires). Dans ces conditions, on « comprend » bien que la Fnac saisisse toute opportunité possible pour se passer d’un responsable de rayon.

En tant qu’être humain, cette décision de renvoi immédiat est dégueulasse. En tant qu’amateur de musique (de Rock Indé, en plus), elle est incompréhensible. En tant que consommateur elle est inacceptable. Le consommateur n’a donc pour lui d’autre choix que celui du « Boycott ».
Personnellement je n’acheterai plus de disque dans cette enseigne (certaines mauvaises langues diront que c’est pas pour ce que j’en achetais, mais sachez que j’y laissé quand même quelques pécunes, depuis le temps..). Décision que prendront certainement beaucoup d’amateurs de musique, ce qui ne va pas arranger les affaires des rayons disques de la Fnac. Et encourager une restructuration vers les activités plus rentables, et mettre probablement d’autres passionnés sur le trottoir. Cercle vicieux.

10
juin

Ma foi, Radiohead arrive toujours à faire de bien jolies chansons

(cet article a initiallement été publié sur mon blog)

Je crois avoir déjà bien documenté ici mon attachement de longue date au groupe Radiohead. Pour ceux qui auraient manqué des épisodes, je vous renvoie vers nodata, site que j’ai co-tenu (avec Caleb) et dont nous avons fait, à l’époque, LE site francophone d’actualités sur Radiohead, en concurrence cordiale avec le fanclub officiel. Quand je compte, ça n’a vraiment duré qu’un an, de mai 2000 à mai 2001 – un arrêt brutal suite à la fin de mon célibat :) – mais cette période me donner l’impression d’en avoir duré au moins deux tant j’étais impliqué dans la communauté française du groupe – notamment, pour les happy few, la Forêt Magique…

Je passais quasiment toutes mes fins de soirées à mettre à jour nodata, à chercher et retranscrire les dernières informations, à une époque (2000-2001) où Google News n’existait pas (qui se souvient de Net2one ?), où les blogs n’étaient pas encore monnaie courante, et encore moins les flux RSS, et donc tout se faisait à la main… et à une époque aussi où je pouvais me coucher à 2h et me lever à 7 sans trop le ressentir le lendemain :) J’écrivais déjà beaucoup à l’époque, et prévoyait même une biographie exhaustive (merci encore à Caro pour le prêt des nombreux bouquins) pour une mise à jour complète du site, qui n’est jamais venue, fin du célibat oblige :)

Bref, je les connais un peu sur le bout de doigts, ces petits garçons de Rh.

Après OK Computer, ce ne fut pas facile d’être fan de Radiohead. Déjà, ils ont pris leur temps entre cet album, énorme, et son successeur, Kid A (double successeur si l’on compte Amnesiac, tiré des mêmes sessions d’enregistrement), et le résultat n’était pas franchement à la hauteur de mes attentes. Je n’ai vraiment apprécié qu’une moitié de chacun de ces deux albums, au point de compiler mon propre Kid Amnesiac (le 23 février 2004, si j’en juge par la date de création du dossier sur mon disque-dur). Tiens, je vais vous en filer la trackliste, hop, cadeau :

  1. You And Whose Army?
  2. How To Disappear Completely (and never be found)k
  3. Optimistic k
  4. The National Anthem k
  5. Dollars & Cents
  6. Idiothèque k
  7. Morning Bellk
  8. I Might Be Wrong
  9. Pyramid Song
  10. Knives Out k
  11. Life In A Glasshouse
  12. Like Spinning Plates

Je me suis limité à 74 minutes de musique (9e Symphony oblige), donc forcément il y a certains choix drastiques. Par exemple, j’adore la version démo de Motion Picture Soundtrack, mais la version de Kid A est toute nase à côté selon moi (tiens, allez, cadeau, je vous la file, de toute évidence ils n’exploiteront pas cette version commercialement, ce n’est donc pas du piratage). Aucun regret par contre pour Treefingers, In Limbo, Kid A (la chanson), Packt Like Sardines in a Crushd Tin Box (même si la version en concert déchire sa génitrice, aussi transcendée que Planet Telex), Pulk/Pull Revolving Doors, Morning Bell/Amnesiac (‘faudrait voir à pas nous prendre pour des poissons rouges)…

Tiens, amusant, du coup, je pensais vaguement que je préférais globalement Amnesiac à Kid A, et taper cette liste me permet de vérifier cela : 7 titres viennent d’Amnesiac, les 5 autres de Kid A (les k) – et encore, je ne suis pas un grrrros fan de Knives Out ni Optimistic, qu’aujourd’hui je remplacerai sans doute par Everything in It’s Right Place et la démo de Motion Picture Soundrack (cqfd).

Bref, ce n’était pas facile d’être fan de Rh après OK Computer, tout d’abord parce qu’ils ont mis trois ans à sortir Kid A (1997 – 2000, Amnesiac en 2001), et que le gamin de 20 printemps que j’étais en 97, qui avait littéralement passé les mois de juillet à décembre 97 à ne faire qu’écouter en boucle OKC dès qu’il rentrait d’Epita, en était venu dès 98 à chercher des alternatives en mesure d’épancher sa soif de rock alternatif, justement. Et de chercher dans toutes les directions, parfois divergentes, mais toutes conséquences logiques d’un album grandiose (et de son prédécesseur, The Bends) :

  • le post-rock de Godspeed You! Black Emperor avec F♯A♯∞ (1997), puis celui d’Explosions in the Sky avec Those Who Tell the Truth Shall Die, Those Who Tell the Truth Shall Live Forever
  • le stadium-rock grandiloquent de Muse avec Showbiz (1998, eux on peut dire qu’il sont arrivés pile au bon moment)
  • le rock psyché/experimental (de merde) de Mercury Rev avec Deserter’s Song (1998)
  • le space-rock de The Flaming Lips avec The Soft Bulletin (1999)
  • la pop ciselée de Travis avec The Man Who (1999, produit par Nigel Godrich, déjà responsable d’OKC) ou de Coldplay avec Parachutes (2000)
  • ou simplement le rock alternatif d’Elbow avec Asleep in the Back (2001 – bof) ou de Mansun avec Attack of the Grey Lantern (1997 – enfin, surtout la chanson Wide Open Space, seule valable au final).

Dans mon esprit, les copies ne manquaient pas, mais rien ne remplaçait l’original ; des succédanés du grand succès de ces années (yeah, trop fort) ; des ersatz de larsens (mouais) ; des scories de mon high-score (ok, j’arrête là). Il a fallu faire preuve de beaucoup de patience.

Patience qui faisait monter la pression, et qui a mené à une certain déception face à deux demis-albums (Kid A et Amnesiac), tant le groupe (enfin, Colin Greenwood – le bassiste – dans une interview, si je me souviens bien) avait annoncé que « ce serait dans la lignée de Talk Show Host, face B de OKC sortie pour le film Romeo+Juliet, chanson qui déchirait toutes les mamans du Gloucestershire, et qu’au final je me retrouvais à devoir défendre la qualité de certaines chansons malgré moi (genre, le riff principal de Knives Out n’est pas repiqué directement de Paranoid Android…).

Tiens, hop, anecdote : je faisais partie de la trois-centaine de valeureux insomniaques à assister au premier webcast de Radiohead. Aujourd’hui, les webcasts de Radiohead sont de véritables barnums, annoncés longtemps à l’avance (parfois une semaine! quel luxe!), tournés avec du matériel professionnel capable d’accommoder des milliers de netspectateurs, et mis en ligne le lendemain sur tous les sites de partage de vidéo. C’était une autre histoire en ce jeudi 9 décembre 1999 (review de Greenplastic.com, auquel j’envoyais pas mal de news à cette époque, au point de me retrouver remercié entre Mel de w.a.s.t.e. et Max K., ce qui ne parlera qu’aux happy fewsma review ici, en bas, au 16 mai, date de la reprise de nodata) : à cette époque, la vidéo avait la taille d’un timbre poste, et passait par un serveur Real Player incapable de tenir la charge. De mon côté, je comptais sur mon modem US Robotics Sporster 28.8 et ma connexion à Infonie pour suivre tout cela. Après de longues sessions de disque-jokeying, à passer leurs disques pendant que la webcam tournait dans la maison qui hébergeait le webcast, le groupe s’est retrouvé autour d’un arbre de Noël pour jouer Knives Out en d’avant-première. Le webcast terminé, tout le monde se retrouvait sur le msgboard pour tenter d’attirer l’attention des membres du groupe. Je me souviens avoir laissé un message du genre « quand même, le riff de Knives Out, c’est pas une resucée de celui de Paranoid Android ? », bouteille à la mer de messages postés par la centaine de connectés, à laquelle Phil, le batteur, a eu la gentillesse de répondre : « Come on, we were just busking it ». Yeah, right.

Mais revenons à nos moutons… Amnesiac, donc, relevait à mon goût le niveau par rapport à Kid A, mais ce n’était pas encore « ça ». Hail To The Thief (HTTT), sortit en 2003, n’arrive toujours pas au niveau d’OK Computer. Certains titres sont prenants comme Where I End and You Begin ou A Punchup at a Wedding, voire trippants comme Myxomatosis ou A Wolf at the Door, mais d’une manière totalement différente d’OKC. Je me retrouvais alors dans un cycle Kübler-Ross classique, correspondant normalement au cycle de réactions usuelles face à la perte d’un être aimé, mais ici appliqué à l’évolution musicale non-voulue d’un groupe que l’on adore :

  1. Refus : « La moitié des chansons sont inutiles, je vais faire mon Kid Amnesiac« 
  2. Colère : « Bon sang, mais quelle idée d’utiliser un Moog pour Motion Picture Soundtrack ? C’est n’importe quoi ! »
  3. Marchandage : « C’est pas mal, Travis et Coldplay, ça ressemble assez à The Bends« 
  4. Dépression : « Chérie, tu devrais t’intéresser à Muse, c’est pas si mal finalement »
  5. Acceptation

…et le fait est que jusqu’à il y a quelques mois, je n’étais pas parvenu à ce 5e stade. Sans être sombré dans la dépression (chez moi, le verre est toujours bien rempli), j’étais partagé entre petite colère et marchandage, ou plus simplement Radiohead était sortit de mes groupes préférés, n’étant dans mon top 5 que pour des raisons historiques. S’il y a eu acceptation, c’est de voir Radiohead relégué au rang des groupes qu’on a aimé, et non qu’on aime ; ceux dont les nouvelles chansons ne parviennent pas à nous émouvoir comme avant, tout ça… Il y a même eu du rejet : par le jeu des relations, je me suis retrouvé à être interviewé, ainsi que deux autres aficionados, pour la sortie de Kid A par le jeune magazine Rock Sound (ou un nom du même acabit), auquel à la réponse « Quel est votre album préféré ? », je répondais « The Bends« . Mona analysa cela de la manière suivante : j’ai tellement mal accepté Kid A que j’en suis venu à revenir un album en arrière, prendre mes distances… Bah… Les faits sont là : j’attendais encore l’album qui allait me remuer de bout en bout, à nouveau.

Surtout que ceux qui ont adoré The Bends ont eu droit, pour patienter avant la sortie d’OK Computer, à la magnifique chanson Lucky, enregistrée en une journée et offerte pour l’album Help. Et nous, qu’avons-nous eu pour attendre le successeur de HTTT ? Chic, ils vont participer à un second album Help ; et avec quoi ? Cette sous-merde de I Want None Of This, non mais vraiment, y’a de quoi rester au premier stade. Lâche ton clavier, Thom, il faut accepter que tu ne peux pas pondre une merveille comme How I Made My Millions tous les matins – pensa-je.

Heureusement, l’émotion reste intacte avec d’autres formations : Explosions in the Sky, Mogway, Tool, Wilco, Incubus, Eels, Elliott Smith, Blur & Graham Coxon, Ghinzu, Mud Flow, The Mars Volta, Supergrass, Girls in Hawaii, DJ Shadow, Nada Surf, PJ Harvey, Nine Inch Nails, …

Oh, bien sûr, on trouvait des fix ici ou là, temporaires mais nécessaires pendant cette époque de disette, ces albums entiers achetés dans le seul but d’entendre la voix de Thom par exemple. Rabbits in your Headlights pour l’album Psyence Fiction du projet U.N.K.L.E mené par DJ Shadow (1998) ; le duo El President pour l’album White Magic For Lovers de Drugstore (1998, et je suis même allé les voir en concert) ; l’album Terror Twilight de Pavement avec Jonny Greenwood à l’harmonica (!?!) ; cinq chansons étonnantes sur la bande originale du film Velvet Goldmine (1998) ; le décevant I Have Seens It All en duo avec Björk pour la bande originale du film Dancer In The Dark (2000) ; le duo beaucoup plus intéressant This Mess We’re In avec PJ Harvey sur son album Stories From The City, Stories From The Sea (2000)…

Mais toujours, narguant dans un coin de mémoire, cette réflexion : quand même, Radiohead, c’était mieux avant. Leur concert à Rock en Seine m’a conforté dans cette croyance. Dans un monde où la Tektonik règne et ou Skyrock ne passe que du R&B en boite, serais-je devenu un vieux con ?

Le 7e album de Radiohead, In Rainbows, a été annoncé sur le blog du groupe le 1er octobre 2007, 10 jours avant sa sortie/ »fuite officielle » – désormais libre de ses engagements envers EMI. Je ne vous apprends rien : chacun pouvait le télécharger au prix qu’il voulait. J’ai choisi de ne rien payer – 0.0 livre sterling (ou euro, ou dollar, ça revient au même hein). Ce n’est pas le premier album que je teste avec d’acheter, je n’allais pas l’acheter s’il ne me plaisait pas, même si je savais, ex fan des sixties oblige, que je finirai par l’acheter.

Je suis bientôt retourné l’acheter en ligne – mais pas pour payer les fichiers mp3s « pour bien faire », ni pour commander juste le CD, non, non : l’album au format « discbox », une boite relativement énorme (et chère, environ 60 euros), contenant le CD, un second CD (les faces B), deux disques vinyles, un livret… Et je l’ai racheté dans un magasin physique (Virgin), à nouveau, au format digipack, dès que je me suis rendu compte que le format discbox était quand même bien peu pratique. J’ai acheté deux places pour l’un de leurs concerts à Bercy mi-juillet, ainsi que deux places pour celui prévu dans les arènes de Nimes peu après, avec réservation d’hôtel et de train à l’appui. Je n’ai jamais autant dépensé pour Radiohead depuis notre court séjour à San Sebastian en 2002, afin d’assister à leur concert – qui s’est révélé pour nous être une déception assez énorme, nous faisans alors refuser d’aller les voir à Bercy quelques mois plus tard.

Pourquoi toute cette thune dépensée sans compter et avec plaisir, pour un groupe qui me lassait ? Mais parce que In Rainbows le meilleur album de Radiohead depuis OK Computer, bordel de merde ! Mais d’une manière totalement différente, et c’est là la chose amusante : en cet album se cristallise selon moi les années de recherches et d’expérimentations qui ont données Kid A, Amnesiac et HTTT. J’y trouve du planant, du trippant, mais aussi ce truc en plus, ces ambiances qui évoluent, se construisent et montent, ce son « plein » et maitrisé. C’est très con à dire, mais cet album me semble l’aboutissement serein de la recherche fébrile d’un renouvellement (et d’un éloignement volontaire du mastodonte OK Computer). Peut-être est-ce le poids en moins de ne plus être lié à un contrat avec EMI, de ne plus avoir à livrer régulièrement des galettes qui vendent.

Nous avions de grands espoirs, mais aussi de grosses craintes vis à vis de cet album. Thom Yorke a sortit en 2006 un album solo, The Eraser, très influencé par le son électro qu’il affectionne ; tout en gardant une certaine « patte » (même producteur oblige), c’était plus du « Thom kiffe l’électro » qu’un album de Radiohead, donc on pouvait espérer que grâce à cette tangente solo, Thom aurait viré le surplus d’idée électro et de sempiternels mêmes accords plaqués au piano, qui ont miné/plombé/pourri nombre de titres des 3 albums précédents (putain mais Sit Down Stand Up, quoi, quelle erreur !). Mais quelques semaines plus tard, la prestation du groupe, au complet, lors du festival Rock en Seine, nous laisse plus que sur notre faim en ce qui concerne les nouveaux titres : ils ont l’air mou du genou, où est le rock, pourquoi ont-il encore raté une chanson à l’origine fantastique (Nude, a.k.a. Big Ideas (don’t get any), allez c’est cadeau, même réflexion que plus haut), pourquoi n’ai-je kiffé le son que pour les titres plus anciens, période The Bends ou OKC (cf. mon reportage du samedi) ? Même la version de studio de Fog (initiallement appellée par les fans « Alligators in New-York Sewers ») a subit le même traitement de mollitude, et seule une version live au piano (dans l’EP Com-Lag, enregistrée lors d’un concert pour Arte) nous empêche de les détester pour cela. Pourquoi cette inspiration molle ? Pourquoi ce manque de punch ? POURQUOI ????!

Tout simplement parce que je refusais encore et toujours l’évolution cherchée par Radiohead. Dans le contexte post-OK Computer, l’ancienne version de Nude (qui date de 1995/97, quand même) permettait de raccrocher les wagons à une période musicale adorée. Nude existe désormais en version définitive dans In Rainbows, et si je regrette encore la version qui « sonne » comme OKC, j’accepte désormais cette version comme légitime, car j’ai accepté avec In Rainbows les directions prises par le groupe pendant les trois précédent albums. Un album-aboutissement tel qu’In Rainbows permet au fan que je suis de mieux comprendre et assimiler le parcours laborieux documenté par Kid A, Amnesiac et Hail To The Thief.

J’me prends la tête, hein ?

C’est que la transition/acceptation a été plus rapide pour d’autres. Je pense particulièrement à Explosions In The Sky, pour moi le meilleur groupe de post-rock qui soit, qui a enchaîné son puissant Those Who Tell the Truth Shall Die, Those Who Tell the Truth Shall Live Forever par le très mélodique The Earth Is Not a Cold Dead Place – abandonnant d’un album a l’autre les guitares très saturées, pour les remplacer par un son très clair et des arpèges aériens. J’ai commencé par rejeter cette perte de puissance, que je croyais essentielle à leur musique, pour ensuite n’en apprécier que plus les incroyables mélodies qu’ils pouvaient faire sortir de leur guitare. EITS a enchaîné avec un album encore plus « mou », ai-je cru en allant les voir en concert au Trabendo (bon sang, des claviers ! Hérésie !), et puis si l’on adopte une perspective un peu différente, on se rend que le génie est toujours là, que la beauté de la musique n’en est peut-être que transcendée, et que putain qu’est-ce que ça fait chier ce cerveau qui a du mal à sortir des sentiers battus…

Voilà. Tout ça pour dire, chers membres de Radiohead, que je vous pardonne vos errements passés, et accueille avec joie cet album dans mon classement des meilleurs albums de 2007 – qui n’est pas encore fait, mais je vous promet que vous êtes parmis les 5 meilleurs, voire les 3, voire en pole position, bourdjil.

Et je ne suis pas seul à le dire. Certes, l’époque a changé, et comme on aime à le dire pour critiquer ironiquement le succès de Windows, « 15 millions lemmings can’t be wrong », mais le fait que la semaine suivant la mise a disponibilité d’In Rainbows, les statistiques hebdomadaire du site Last.fm (réalisées automatiquement à partir des écoutes des milliers de membres du site) présentaient un classement des chansons les plus écoutées, où toutes les places du classement étaient occupées par les 10 pistes de l’album – dans l’ordre. Oh, oui, bien fûr, vous allez me rétorquer, « mais forcément, nous vivons à une époque de téléchargement pirate incessant, tout le monde a vu que Radiohead sortait un album ‘gratuit’, donc ils se sont précipités dessus ». Je suis tout à fait d’accord avec cette proposition. Mais il faut quand même prendre en comte que le 26 février 2008, Last.fm annonçait que Radiohead avait foutu leur classement par terre – 18 semaines après la sortie de l’album, celui-ci occupait toujours l’intégralité du classement. A la 20e semaine, grâce à ses Grammy awards, Amy Whinehouse a réussit a placer deux titres dans ce classement, mais pour le reste, pffft, toujours Radiohead. Et si je regarde aujourd’hui, dimanche 13 avril, 8 titres sur les 10 viennent toujours d’In Rainbows, avec probablement une rébellion des fans de Muse, qui sont parvenu à hisser le titre Starlight en 7e place à force l’écouter tous en boucle (nous ne voyons pas d’autre explication), suivit du Rehab d’Amy. Excusez-moi si j’ose dire qu’il ne s’agit pas là d’un effet de mode ou d’un mouvement de foule, mais bien d’un putain d’album qui déchire tout sur son passage. Compatissons pour le blogueur de Last.fm, qui écrit « Please, somebody, anybody, release something awesome and save the charts from Radiohead! »

‘Nuff said.

(Mise à jour du 15 mai : ah, l’album gratuit de Nine Inch Nails, The Slip, a remplacé In Rainbows pour les 10 premiers titres. In Rainbows sera tout de même resté 31 semaines à squatter ce classement…)

(Mise à jour du 9 juin : bon, bah le slip n’a pas tenu, les titres de d’In Rainbows occupent 10 des 17 premières places, 6 des 10 premières, et 3 du Top 5. Pan dantagl, Trent.)

Pour autant, Radiohead n’a pas fait un disque populaire. In Rainbows au premier abord ne semble pas être l’album le plus accessible qui soit : ceux qui écouteront la première piste seront certainement rebutés par le son sciemment électro de l’intro – moi-même ça m’a gêné. Mais il faut se souvenir que c’est une coutume du groupe de commencer ses albums avec un titre un peu électro, ce depuis leur 2e album :

The Bends : Planet Telex avec des claviers pas très rock’n’roll (en live, toutes les guitares ressortent)
OK Computer : Airbag avec sa piste de batterie faite de samples, inspirée par ce que fait DJ Shadow.
Kid A : Everything in its Right Place, encore un clavier pas très rock’n’roll.
Amnesiac : Packt Like Sardines in a Crushd Tin Box, des boucles qu’on dirait tirés directement d’un claver Bontempi.
HTTT : 2+2=5, intro avec boite à rythme de location.
In Rainbows : 15 Steps, rien de bien organique dans ces 15 premières secondes.

Pour ceux qui ne suivent pas la groupe, ils ont aussi une habitude à chaque album – c’est une théorie personnelle, hein, je suis sans doute dans le faux : mettre en 2e piste le titre qui « définit » l’album, et là c’est depuis le début :
Pablo Honey : Creep, LE single, qui leur colle encore à la peau 16 ans après.
The Bends : The Bends, même titre.
OK Computer : Paranoid Android, LE single qui fera sortir le groupe de l’ombre de Creep.
Kid A : Kid A, même titre.
Amnesiac : Pyramid Song, premier single de l’album.
HTTT : Sit Down, Stand Up, euh là je n’ai pas d’explication, titre assez pourri.
In Rainbows : Bodysnatchers, putain cette intro, méga basique mais avec un son énorme, ROCK’N’ROLL!

Et les petits zigotos de Radiohead ne font pas grand chose pour aider le petit peuple innocent à aimer leur album : en titre de single, ils ont évitent une évidence telle que Bodysnatchers, et ont utilisé à la place Nude. Voici le clip, sans doute fait-maison :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=5ZT_nrrpe8c[/youtube]

Avouez que comme chanson, il y a plus « catchy » que cette litanie lancinante, qui au demeurrant est une excellente chanson qui se termine avec un montée vocale assez impressionnante, mais pas de quoi réchauffer la chaumière en ces temps de disette météorologique.

Celle pour Weird Fishes a été réalisée dans le cadre de la campagne EXIT de MTV contre le travail des enfants.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=DV1hQSt2hSE[/youtube]

Pour le fun, un étudiant en communication visuelle a fait un remix de Nude… particulier :
[vimeo]http://www.vimeo.com/1109226[/vimeo]

Enfin, celle-ci a été réalisée par l’artiste numérique Robert Hodgin, pour le fun, puis proposée aux concours AniBoom.
[vimeo]http://www.vimeo.com/935317[/vimeo]

—–

Mais vu qu’ils sont malins comme des singes, et forts de leur liberté retrouvée, ils vont chercher les fans là où ils se trouvent : sur Internet. Non contents d’avoir sans doute prouvé que l’on peut vendre un CD même s’il est gratuit (m’enfin bon, ça marche surtout si on est très connu, n’est-ce pas Saul Williams ?), les p’tits gars ont investit le net de manière assez phénoménale.

Pour commencer, ils ont remis en place des webcasts, cette fois de manière super professionnelle : plein de caméras dans le studio, widget kivabien, son nickel, large bande passante, et tout en ligne le lendemain sur leur page YouTube. Donc, dans l’ordre, les webcasts Entanglement, Thumbs Down, et Scotch Mist, dernier en date, diffusé pour le nouvel an. Puis, à la mi-Janvier, un « petit » concert dans un magasin londonien, pour le fun, également diffusé sur radiohead.tv.

On peut par ailleurs trouver une page dédiée au groupe sur Facebook, mais comme Rh n’est pas du genre à se laisser enfermer par une plate-forme trop propre pour être honnête, ils ont lancé leur propre réseau social – et là j’ai peur…

On se dit que c’est déjà pas mal. Mais c’est sans compter les possibilités offertes par le Net. Alors hop!, un concours pour réaliser un clip animé pour un titre au choix, et surtout un site pour ceux qui veulent remixer Nude (le premier single de l’album), avec à la clef, bin, heu, l’honneur d’avoir participé. Voici d’ailleurs les participations de deux camarades, Vince avec qui j’ai joué précédemment, et Sourya avec qui j’ai aussi précédemment joué, mais de manière beaucoup plus ephémère.

Mon remix « ukulele » : http://radioheadremix.com/remix/?id=1792

Remix « piano » de Vince : http://www.radioheadremix.com/remix/?id=872

Remix « electro » de Sourya : http://www.radioheadremix.com/remix/?id=864

Jeu sans gain autre que celui d’être numéro 1 du classement (et encore, la liste est par défaut présenté avec les remix les plus populaires en premier, donc personne ne va voir les nouveaux mixes qui ont besoin de vote, donc le système est cassé à la base), il s’est achevé officiellement le 1er Mai 2008.

Sans gain, sauf pour Radiohead. Pour faire un remix, il fallait acheter les 4 pistes (voix, batterie, basse, ambiance/violons) séparément sur iTunes. Plus d’un s’est arrangé pour les récupérer gratuitement ailleurs (moi le premier), mais mine de rien cette masse d’achat de Nude en diverses versions a fait largement monter le classement global de cette chanson, si j’en crois mes lectures. Après, savoir si le groupe a fait cela pour l’argent ou pour le fun, mon ex-fannitude me tend à pencher pour le seconde solution, mais qui sait, p’tet qu’ils sont en mal d’argent ?

D’ailleurs, pas de clips à 1 million de livres sterling pour Radiohead : pour l’heure, le clip de Nude est tiré d’un de leurs webcasts. Pour le prochain clip, ils ont depuis quelques mois déjà lancé un concours sur le site AniBoom, enjoignant les réalisateurs en herbe à proposer un story-board animé/monté pour l’une des chansons de l’album. A l’heure où j’écris cette ligne (14 mai, le temps passe), ils en sont à une poignée de semi-finalistes qu’il reste à départager. Le vainqueur aura tout loisir de développer pleinement son idée. Après, savoir si ça passera à la télé, pfffft.

Mais reste que cela rentre dans l’ordre d’idée « Radiohead est-il à court de thune depuis qu’ils ont quitté EMI ? » Forcément, EMI n’est plus là pour faire des avances faramineuses en sachant que le prochain album de leur poule aux oeufs d’or se vendra comme des petits pains quoi qu’il advienne, et XL Records, leur nouveau label, n’a certainement pas les poches aussi profondes qu’EMI. Mais pour autant, nous savons que les petits gars de Radiohead ont gagné bien des sous avec In Rainbows, et je les imagine mal à sec. Non, simplement, ils s’amusent. Ils savent qu’ils ont plein de fans prêts à jouer le jeu (bon, et à raquer, aussi), et donc lancent les sites et les initiatives en ligne à tout va. La dernière en date, lancée à l’occasion de leur tournée, c’est un site dédié à l’advocation des meilleurs moyens de ne pas envoyer trop de CO2 dans l’athmosphère en allant à un de leur concert…

Mais bon, je déblatère, je tergiverse, je dilettante, le fait est que tout ce qui précède n’est qu’un préliminaire que je ne pensais même pas écrire, ça m’est juste venu comme ça, en me lançant. De fait, si vous avez lu jusqu’ici, acceptez toutes mes excuses pour ce temps perdu (mais pas trop j’espère). Pour me permettre de m’y retrouver, si vous avez lu jusqu’ici, merci d’écrire en commentaire le nom de votre personnage de dessin-animé préféré à l’heure actuelle. Moi ce serait Bob L’Eponge Carrée, par exemple.

Non, ce dont je voulais à la base vous parler, c’est de Phil Selway, le batteur.

Phil, c’est le membre le plus vieux membre de Radiohead.

Phil, c’est aussi un excellent batteur, carré au point d’en être métronomique. Il faut bien ça pour trouver la partie de batterie de Morning Bells, ou pour jouer celle de Airbag en live.

Phil, c’est également un mec sympa, qui dès que le groupe jouait au Japon, ne manquait pas une occasion de rendre visite à la poignée de membres de son fanclub dédié local, « Phil Is Great » (oui, ça fait PIG), où on lui servait ses plats préférés pour finir par une grande partie de bingo tous ensemble. Enfin, c’était le cas quand le fanclub existait toujours: créé parce que Phil était le seul membre du groupe à ne pas avoir SON fanclub dédié, il a été dissous face au risque d’offenser les autres membres (car ils seraient alors « not great », je suppose).

Phil, c’est un bon samaritain, littéralement : il a été volontaire dès 1987 pour une association oxfordienne, The Samaritans, qui tiennent une ligne téléphone anonyme pour venir en aide aux personnes dépressive, voir suicidaire. Phil était plus d’un fois là pour répondre au téléphone à ceux qui avaient besoin de parler à quelqu’un.

Phil, enfin, a un tic. Enfin, disons plutôt une sorte de signature, vous savez, le genre de caractéristique que l’on retrouve ici ou là dans le travail d’un artiste, cet élément précis que celui-ci recrée, consciemment ou non, régulièrement ou non, mais présent si l’on y porte attention. Vu toutes les périodes aux travers desquelles les membres de Radiohead sont passés, toutes les variétés de sons et de rythmes, on peut logiquement à s’attendre, au bout de centaines de chansons, à trouver des signature ici ou là, subtiles mais présentes – tout à l’opposé de ces artistes qui prennent juste la musique d’un titre et la changent un minimum pour le refaire – Destiny’s Child et Nickelback, je vous regarde particulièrement.

Le tic, la signature, je la décris comme ceci : patapa patapa, patapoum patapoum, ou patapshi patapshi. En bref, deux séries identiques de trois coups, les deux premiers coups de chaque série étant sur la caisse claire (pata), le dernier de chaque série pouvant porter soit sur la caisse claire (pa), la grosse caisse (poum) ou la charley/une cymbale crash (pshi).

Ce tic de Phil, je l’ai découvert par hasard, sans vraiment y faire attention au début. C’était pendant le visionnage de la vidéo Meeting People Is Easy (MPIE pour les fans de base), où l’on voyait le groupe évoluer durant sa première tournée promotionnelle pour OK Computer, en 1997-98. Pendant la séquence « la tournée au Japon », on voit le groupe faire ses balances (apparemment, ou alors ils essayent de nouveaux titres sur la route) avec la chanson Follow Me Around, qui obtiendra rapidement un statut culte auprès des connoisseurs. Voici la vidéo de cette performance (début avec Thom seul à la guitare, suite de Thom seul coupé par des extraits typiques de MPIE, retour à la chanson quand les autres membres entrent en jeu, dont Phil bien sûr) :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=POmiH-DvJ1U[/youtube]

Vous avez capté le tic de Phil ? Moi ça m’a sauté aux oreilles parce que je connais un peu les chansons des 3 premiers albums par coeur, mais bon, p’tet que vous aussi… Allez, je vous aide, voici les quelques secondes incriminantes :

La première fois que j’ai entendu cette signature, j’ai aussitôt pensé à Planet Telex, première piste du 2e album The Bends, où on la retrouve sous cette forme :

Je n’ai plus repensé à ce patapoum patapoum depuis lors, jusqu’à l’arrivée d’In Rainbows, dont la 2e piste, Bodysnatchers, contient cette forme de la signature :

Du coup je me suis dit, « tiens, si j’écrivais un post parlant de ça, ça pourrait relancer mon blog. » Puis, « ah ouais, mais ‘faudrait que je vois si y’en a pas d’autres. » Dont acte :

Faithless the Wonder Boy (face-b de Pablo Honey, et 3e piste du fameux Itch EP) :

My Iron Lung (8e piste de The Bends) :

Palo Alto (face-b d’OK Computer, 7e piste du maxi How Am I Driving) :

Morning Bell (9e piste de Kid A) :

Et pour conclure, la fin de There There (9e piste de HTTT) :

Il y en a peut-être encore d’autres, allez savoir…

Voilà, je voulais juste parler de ça. Mais comme trop souvent, je me suis laissé emporter par le sujet. Tant pis, ça vous a fait de la lecture pour quelques temps. Et, oui, j’ai d’autres posts du même acabit sous le coude, qui attendent leurs heures, attendent, attendent…

09
juin

Hefner strikes again

En passant à la machine à café l’autre jour (pour noter les nom de ceux qui ne travaillent pas, rassurez vous ;) ), mon sang n’a fait qu’un tour à la vue d’un jeune stagiaire revenant du Comité d’Entreprise avec le Cd suivant :

Pour couper court, c’était plus fort que moi, je suis allé voir ce petit jeune. Renseignement pris, il l’a emprunté au hasard parce qu’il trouvait la pochette sympa. Il y a d’ailleurs peu de chance qu’il l’apprécie, étant donné les 3 autres disques qui trainaient dans ses mains à ce même moment.. Fin de l’histoire.
Sans vouloir la jouer snob, donc, cette pochette ne dira rien à 99% d’entre vous. Mais au dernier % qui reste (et qui ne l’ont pas acheté pour la pochette) , je suis certain que ces quelques lignes feront plaisir, comme je sais quel disque ils mettront dans leur platine en rentrant (enfin pas tout à fait, j’ai 1 chance sur 4 – voir plus loin).

Hefner est donc LE groupe le plus sous-estimé, le plus sous-écouté de l’histoire de la britpop. Bon peut-être pas quand même, on apprend finalement qu’ils ont été pendant longtemps les chouchous de John Peel (qui de ce que j’en sais est l’équivalent de Bernard Lenoir en Angleterre). Mais disons qu’ Hefner n’a jamais rencontré le succès qu’il mériterait. Issu de la scène londonienne de la fin des 90’s, le groupe formé autour du chanteur Darren Hayman rencontre un certain succès d’estime avec leur 1er album Breaking God’s Heart, enregistré en une prise et de production assez minimaliste. S’ensuivent The Fidelity Wars (peut-être le meilleur d’après moi), l’excellent Boxing Hefner (en fait une compilation de Faces B pour aborder sereinement les années 2000) et enfin le plus moyen mais largement correct quand même We Love The City. J’omets volontairement la dernière tentative d’Hefner avant de splitter, Dead Media relevant plus de l’expérimentation electro à mon sens.

Le style d’Hefner est d’abord largement lié à la performance vocale du chanteur Darren Hayman (ci-dessus au centre avec les lunettes), puisque ce dernier chante juste.. plusieurs fois par chanson. Certes cette fausseté ne saute pas aux oreilles tout de suite, mais si on fait attention, on arrive à se demander s’il le fait pas exprès. On notera également des textes un peu plus soignés que la moyenne des groupes de britpop. On est ici bien plus du côté de la pop intello que de la pop prolo (on est plus Blur ou Pulp qu’Oasis pour faire simple. Hihi, Pulp-Oasis, j’avais jamais remarqué). Même si la plupart des chansons traitent de relation amoureuse et/ou de rupture (quand ce n’est pas d’addiction à l’alcool), nul n’est besoin d’être agrégé en anglais moderne pour se rendre compte que le vocabulaire généralement employé est plus enlevé que le genre habituel.
Hefner cultive également une iconographie propre véhiculée par leurs pochettes de disque, issues du pop art, comme en témoignent les images suivantes.

Enfin Hefner est également célèbre pour avoir écrit toute une série d' »Hymnes » (qui ne sont rien d’autre en fait que de très bonnes chansons pop) :
The Hymn for The Cigarettes, The Hymn for The Alcohol, Hymn for the Postal Service, The Hymn For The Coffee, The Hymn For The Things We Didn’t Do.
L’Hymne pour les Cigarettes est peut-être le plus réussi (et de quoi ruiner des décennies de lutte anti-tabac, toutes les marques y passent).. et le voici dans sa version intégrale :

Pas toujours politiquement correct non plus, l’excellent The Day That Thatcher Dies sert de prétexte à la préparation d’une fête pour le jour ou l’ancienne Prime Minister viendrait à décéder, programme à base de We will dance and sing all night, suivi par un refrain chanté en chœur par des enfants : Ding, Dong, The Witch is dead,
which old witch? The wicked witch.
Ding dong, the wicked witch is dead
.
Refrain qu’on retroube à la fin de l’extrait diffusé ici :


Il n’en fallait pas plus pour fédérer un club de fans fidèles autour du groupe y compris en France. Et lorsque j’assistai à leur concert en 1ere partie des Preston School of Industry (groupe formé autour du guitariste de Pavement et dont le wiki ne raconte pas grand chose, sinon que le groupe Wilco a participé au projet. Le monde est petit.) au Nouveau Casino il y a maintenant 6 ans, (tiens peut-être le seul concert où je me suis rendu seul !) je ne fus pas surpris de voir plus d’enthousiasme pour Hefner que pour le groupe annoncé en tête d’affiche.
Hefner a également réinventé les ballades en duo Chanteur/Chanteuse (oui, comme Stone et Charden en leur temps, mais en mieux !) Exemple avec le très beau Don’t Flake Out On Me :

Et bien ces fans là vont avoir de quoi se réjouir puisque le site internet hefnet.com vient d’annoncer une reformation du groupe (du moins Darren Hayman et son guitariste, en attendant mieux), avec à la clef une réédition de l’album The Fidelity Wars, agrémenté de nombreux inédits. En plus une petite tournée à ne pas manquer, mais pas de date annoncée en France pour le moment…tout comme les disques ne sont plus disponibles à la vente dans l’Hexagone. Si y’a besoin vous pouvez toujours me demander..