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02
Juin

Le cas Kooks


The Kooks est un groupe britannique issu de la (chic) station balnéaire de Brighton. Emmené par leur chateur-guitariste Luke Pritchard, ils publièrent en 2006 du haut de leur vingt ans (aux insolente gueules d’amour par ailleurs) Inside in, Inside Out, un album de pop quasi-parfait, à la fois frais, léger, évident, mais également très inspiré, déconcertant de maîtrise et de connaissance. Car chez les Kooks, on ne plaisante pas avec les classiques du pays. Les dramaturges ont appris Shakespeare, par coeur, les Kooks connaissent les Kinks, Bowie, les Beatles, sur le bout des doigts – virtuoses dès qu’une guitare acoustique se présente aux alentours. Seaside, Ooh La, Naive, Eddie’s Gun, sont autant de « singles » en puissance qui contribuèrent à écouler le disque à plus d’1 Millions d’exemplaire rien qu’en Grande Bretagne. Plus personnellement, ce disque occupa pendant de longues semaines la « tête des rotations » sur ma platine CD, et peut-être bien la tête du classement des albums de l’année 2006 (si toutefois je faisais des classements). A titre d’exemple, un extrait de l’excellent Naive :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/kooks_naive.mp3]
Qui fut également repris par la pétillante Lily Allen :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/lilyallennaiveamp.mp3]
Du côté de l’Hexagone, les Kooks se sont illustrés par 2 vidéos tournés par les excellents Concerts à Emporter de la Blogotheque.
La première montre donc 2 membres des Kooks, 3 minutes avant le début de leur show dans une petite salle de concert parisienne (La Maroquinnerie ?) remonter lentement la rue qui monte à la salle de concert, guitares à la main, et entonnant leur tube Ooh la. Franchement en tant que spectateur, on ne peut pas rêver meilleure intro de concert :
[youtube]http://youtube.com/watch?v=P8DRxQATErY[/youtube]
La seconde montre ces même Kooks dans cette même rue (quelques minutes avant ?), reprenant le tube des Gnarls Barkley. Comment ne pas préférer cette interprétation légère, dépouillée à la lourdeur de la version originale ? (qui n’est d’ailleurs pas l’originale, Crazy figurant déja sur une bande originale de Western datant de la fin des années… 60 !)
[youtube]http://youtube.com/watch?v=ESCinKVX-Ew[/youtube]
Forts de cette expérience, Les Kooks nous livrent un deuxième album, intitulé The Konk du nom de leur studio d’enregistrement apprend-on. Je suis un peu embarrassé car je n’aime pas dire du mal en général. J’ai même défendu le deuxième album des Girl In Hawaii, mais cette fois, oui il faut bien reconnaître que ce deuxième album est plutôt raté. De mon côté ma platine a laissé la place aux appareils numériques (lecteur mp3, disque dur, etc..), au moins ce disque n’aura-t-il pas pris de place, ni de poussière sur mon étagère. Il n’encombrera pas non plus mes cartons lors de mon prochain déménagement. C’est un avantage de la musique dématérialisée qu’il est difficile de nier… Allez, c’est trop difficile pour moi de les laisser comme ça, on va s’en faire une petite dernière pour la route. Sur cet album, on trouve tout de même l’excellent Mr Maker, un refrain très accrocheur, et peut-être ce qu’on entendra de mieux cette année :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/kooks-mrmaker.mp3]

30
Mai

Pop’in for ever


Pour les parisiens et les parisiennes (comme dirait Delanoe) qui vivraient sur une autre planète, le pop’in est LE bar rock de la capitale.
Bien entendu je ne prétends pas connaitre tous les bars de Paris, et évidemment dans d’autres bars on y passe également du Rock.. mais en résumé, le Pop’in est LE bar Rock N’ Roll à Paris, pas uniquement pour sa programmation, il ne s’agit pas que de cela, il l’est également par l’esprit, l’ambiance qui y règnent. Le fond et le forme, genre. Il est même fort dommage qu’il soit le seul dans cet esprit là..

A titre d’exemple, au pop’in (105 rue Amelot dans le 11e, rappelons-le), on y trouve :
Des posters de Beck et Belle and Sebastian. Cependant retirés depuis qu’ils ont fait des « travaux ». A moins qu’ils aient peint en rouge directement dessus.

Des travaux de rénovation parlons-en. Bah oui parce qu’ils ont voulu faire des travaux, avec installation de climatisation et tout ça. Sauf qu’évidemment, quand la clim se met en route, elle fait sauter les Plombs. Plus de musique, plus de lumière.

Des concerts en semaine dans la cave, la piste de danse endiablée le week-end dans la cave aussi. Bah oui ils appellent ça la cave. En même temps je vois pas comment lui donner un autre nom.

Les meilleurs Dj’s du monde, qui fond péter les Watts sous des classiques de la pop (Bowie, Blur, Pulp, etc..) et qui laissent une large part à toutes les nouveautés, souvent en avant-première et en provenance directe d’outre manche (BabyShambles, Kaiser Chiefs, The Hives, etc..)
Le matériel sonore est d’ailleurs à la hauteur de cette qualité de programmation et permet d’entendre les titres sous une autre perspective. Tous ceux qui ont déjà entendu ces titres là dans la Cave s’en rappellent :
Côté Pop, le Common People de Pulp (hein Champion !)
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/pulpcommonpeople.mp3]

Côté Rock, un autre classique du genre, le titre phare des Jet :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/jetareyougonnabemygirl.mp3]

Un piano à moitié déglingué en haut, complètement faux en tout cas.

Une fille qui colle un coup de poing dans la tronche d’un gars qui la draguait d’un peu trop près. il parait qu’il était super relou. Direct, quoi.

Une minorité scandinave assez présente (ceci expliquant cela ?)

La bière pas chére. Et malgré ça une ardoise de quelque milliers d’euros pour les barmans trop généreux avec leurs habitués

L’animation à l’intérieur comme à l’extérieur du bar. Traduisez pratiquement autant de monde dehors que dedans.

Une loi antitabac qu’il est apparemment très difficile à respecter. Il y a quand même une nette amélioration étant donné que chaque expédition de 30 minutes dans la cave se traduisait par 3 mois d’espérance de vie en moins.

Une habitude à prendre : se mettre sous le trou d’aération quand il y a du monde sur le dancefloor.

Les toilettes dans la rue

Des gens fringués à faire pâlir n’importe quel designer de mode. Jamais vu ça ailleurs, je ne tenterai pas ici de description, il faut y aller pour voir. On se demande ce que font ces gens là dans la vraie vie, en tous cas je rêverais de croiser des gens comme ça tous les jours au travail.

– De quoi pratiquer les langues étrangères, notamment scandinaves. En fait le français ne vous sera d’aucun recours, d’autant plus que seule une infime partie de la clientèle est capable de tenir un discours qui tient debout pendant plus de 30 secondes.

Des clones de Rock Star ou autres à tous les coins de bar (Jarvis Cocker, Graham Coxon, et même Michael Jackon période Jackson 5)

– Un gars qui mesure 2 mètres, barbu, sosie de Chabal, mais qui danse pieds nus

Il est juste regrettable (honteux) que ce bar soit le seul de ce type dans une ville comme Paris.

26
Mai

Everyone likes to dance to a happy song…

« …with a catchy chorus and beat so they can sing-along. »

Une fois n’est pas coutume, on va faire dans la news sur half/right : oyez oyez braves gens, Weezer est toujours un groupe qui déchire, et leur dernière vidéo nous porte à croire que leur prochain album (The Red Album) sera aussi cool que les précédents. 

Allez, zou, vidéo pour Pork and Beans :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=muP9eH2p2PI[/youtube]

Pour les plus isolés parmi vous, le groupe a embauché pour cette vidéo nombre de « stars » du petit-petit-écran (=YouTube). Ce n’est pas une première (les Barenaked Ladies ont fait une tentative, moins bonne), mais Weezer se démarque largement par le fait qu’ils sont à fond sur YouTube, non seulement parce qu’ils font même la pub de leur prochain album avec ces même « stars » :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Tds7hzkZsSk[/youtube]

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=16cFXw5vkFg[/youtube]

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Loi731aUYrQ[/youtube]

…mais aussi parce qu’ils prennent le temps de présenter la vidéo eux-mêmes :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=ngRu2KOkK0U[/youtube]

…mais surtout, surtout, parce que Rivers Cuomo, le chanteur (qui maintenant a une belle moustache) s’amuse avec YouTube a nous présenter son studio et à faire une série de vidéos intitulées Let’s Write A Sawng, où il discutte avec les fans pour créer une chanson ensemble, en prenant le temps de regarder les propositions (vidéos!) de chacun, les commenter et choisir une participation. Attitude, titre, accords, tout y passe, et c’est en quasi-direct. Vous voulez participer à la prochaine chanson de Weezer ? Branchez votre webcam et votre micro, et lancez-vous ! 🙂

22
Mai

Dans l’autoradio…

… on trouve aussi de la super herbe.

Prenant régulièrement ma voiture pour aller travailler, il m’arrive fréquemment de scruter ce qui se passe sur la bande fm. Voici un exemple, datant de ce jeudi. Ce jour ci, mon autoradio callé sur France Inter ne diffuse que de la musique d’ascenseur vaguement jazzy. S’agit-il d’une grève du service public, me demande-je ? (si vous avez déjà écouté la dite radio un jour de grève, vous voyez forcément de quel type de musique il s’agit). Au deuxième solo de clarinette, je zappe furtivement sur Nova, qui tripe Latino, et si la prog est comme d’habitude sur cette radio d’une intégrité irréprochable, je dois avouer que ce n’est pas tout à fait ma came (comme on dit à La Nouvelle Star). Me voici donc aussitôt sur Oui Fm. Sans tirer sur une ambulance (d’ailleurs, est-ce une ambulance ? je suppose qu’ils doivent y trouver leur compte quelque part), voici le spectacle de piètre qualité auquel j’ai assisté, dans l’ordre :

– Electric Light Orchestra – Mr Blue Sky. Je n’ai rien contre ce groupe du début des 70’s, ni contre cette chanson, mais il faut savoir que Oui Fm n’a jamais diffusé ce titre (à part peut-être dans des émissions spécialisées). Le fait de sa présence à l’antenne à heure de grande écoute tient donc simplement à l’actualité publicitaire, puisque c’est SFR qui l’a remis au goût du jour dans un spot TV. Si vous voyez pas ce que c’est, jetez un rapide coup d’oeil ici.
On est habitué à ce que les pubs fassent dans le rock, et parfois avec un certain goût : Voici pour EDF, avec les Strokes (spéciale dédicace à Flo) , voici pour Renault avec Devendra Banhart (spéciale dédicace à.. euh..) , et encore pour Yves Rocher avec le Spinto Band . Ce qui me dérange beaucoup plus, c’est que ce soit un opérateur de téléphonie mobile qui donne des idées à une grande radio rock plutôt que l’inverse..A la limite pour une radio qui passe de la musique entre midi et 2 comme on dit, mais pour LA radio rock, ça fait pas sérieux.

– Gonzales – Working Together. Là encore, je n’ai rien contre Gonzales (sinon que c’est le petit ami de Leslie Feist, salaud) , bien au contraire, étant donné son influence sur la scène locale Canadienne et ma profonde estime pour celle-ci . Mais encore une fois, Oui Fm n’a jamais passé de titre de Gonzales, et ils s’y mettent maitenant, à diffuser un titre de son dernier album qui est vaguement une tentative de revival disco, et de ce que j’en ai entendu relève plus des Bee Gees qu’autre chose… Pourquoi ne pas choisir plutôt un extrait du génial Solo Piano à la place ?

– Manu Chao – Besoin de la lune. Vous avez déja entendu ça ? Bon il a fait des choses énormes, cet homme là. Mais ça, non, je vois pas trop l’intérêt..

Bon ça aurait pu être pire, vous me direz (vraiment ?). Bah oui ils auraient pu coller 5 minutes de pub au milieu. La réclame, la voilà justement, et avec elle l’occasion de zapper chez le concurrent le Mouv’. Probablement par pure coïncidence, le programmateur du Mouv’ se fait plaisir et balance le truc énorme, qu’on a trop peu entendu à l’époque, et encore moins maintenant. Le morceau se nomme Mary de Supergass, issu du 3ème album si ma mémoire est bonne, album faisait un peu moins pop sautillante, mais plus mélancolique que les 2 premiers. Et ça fait comme ça :

[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/supergrassmary.mp3]

Je ne saurais comment remercier le programmateur qui a eu l’idée de passer ce truc là. Supergrass est LE trio pop survitaminé qui a percé d’Oxford (ville de Radiohead par ailleurs) il y a plus de 10 ans. Des tas de connexions s’activent dans mon petit cerveau. La telecaster sunburst achetée pendant les études il y a plus de 10 ans (à moitié à cause du clip, à moitié à cause de J. Greenwood), le concert du Trabendo en 2002 avec Sylv, du gentil pogo du début à la fin, le Vattenfestival de Stockholm en 1999.. En arrivant chez moi, je me suis fait les 3 premiers albums de Supergrass, dans l’ordre et c’est toujours bon. J’ai quelque peu décroché par la suite de cette herbe là. Mais ils viennent de sortir un disque, ces garçons là méritent qu’on se raccroche aux wagons. En tous cas, s’ils donnent un concert près de chez vous, allez y les yeux fermés..

Parenthèse fermée, Le Mouv’ ne fait pas vraiment dans la finesse ensuite. Je rezappe sur Oui Fm, pour entendre trois titres consécutifs, encore plus mauvais que les précédents (ou au mieux sans intérêt, et/ou joués 1 Millions de fois par an) :
– BB Brunes – Dis Moi
– Red Hot Chhili Peppers – Californication
– Lenny Kravitz – I’ll be waiting

Bon c’est pas très grave, ils vont se ressaisir, un jour, je l’espère. C’est pas les groupes de talent qui manquent, y compris chez les Français, s’il n’y a que ça.. Exemple de 3 titres issus de notre terroir :

D’abord un petit Rhesus :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/rhesus-hey_darling.mp3]
Ensuite leurs excellents cousins de Staircase Paradox :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/staircaseparadoxbloodstrains.mp3]
Et un desormais classique du rock indé à la française, Nosfell :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/nosfell-sladinji.mp3]

Allez pour la route, encore un petit extrait de Supergrass :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/supergrassstereo.mp3]
A bientôt..

19
Mai

Ce n’est pas au jeune singe Turner…

… qu’on apprend à faire un disque. Alex Turner est un jeune homme brillant qui à l’âge de 22 ans s’apprête à voir son 3ème album en moins de 3 ans multiplatiné. Alex Turner, même son nom sonne bien.. Originaire de la banlieue de Sheffield, tout comme son aîné Jarvis Cocker (Pulp), Turner est aujourd’hui connu pour être le leader des Arctic Monkeys. De ces Singes là on a à peu près tout dit, qu’ils ont été propulsé par le site myspace (à moins que ce ne soit l’inverse), mais surtout qu’ils ont le don pour dépeindre le quotidien de ces (ex) banlieues ouvrières avec un grand talent et un phrasé hors du commun. Turner est de ce point de vue plus proche de certains rappeurs comme son grand ami Mike Skinner, du groupe de Hip-Hop The Streets. Pour ceux qui étaient sur une autre planète (des singes) ces 3 dernières années, les Arctic Monkeys, ça fait ça:

[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/arcticdancefloor.mp3]

Album et Révélation de l’année un peu partout – à part chez Telerama dont la critique fit état (de mémoire) de « pétard mouillé à seule destination des lycéens de Sheffield amateurs de bière tiède servie dans les pubs de cette partie de l’Angleterre », (si l’auteur de l’article pouvait me contacter un jour pour m’expliquer ce qui lui a pris), l’excellent premier album au nom à rallonge Whatever People Say I Am Thats What I’m Not fut écoulé à plusieurs millions d’exemplaires, ainsi que son successeur, le plus moyen mais largement audible Favourite Worst Nightmare.

Lorsque Turner annonce vouloir faire un petit break et s’octroyer un album avec son ami Miles Kane des Rascals, on a tout à craindre, et particulièrement le caprice de jeune Rock Star.
Et pourtant c’est bien une bonne surprise que cet album des Last Shadow Puppets.
Les 2 compères y revendiquent David Bowie comme le romantisme de Scot Walker, voire de Jacques Brel, apprend-on en lisant leurs déclarations.

Côté album, c’est le tremolo qui remplace la distortion, les violons qui prennent la place des roulements de batterie usuels. Pas n’importe quelles violons non plus, puisque c’est le collaborateur habituel d’Arcade Fire qui signe les arrangement de la section cordes. Contre toute attente, Alex Turner joue donc la carte de l’élégance britannique contre celle du jeune loup des banlieues ouvrières anglaises. A certains moments, on se croirait même dans une vieille bande son de James Bond, jugez plutôt :

[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/lastmistakes-were-made-for-you.mp3]

Turner prouve ici que le jeune singe est bien plus malin que ses maigres interviews le laissaient supposer. Depuis quelques jours, le petit autocollant frappé des 4 « f » Telerama s’affiche fièrement sur le disque (il a déjà fait sans…) mis à la vente, généralement en tête de rayon. Tout va très bien pour lui, merci.
Alex Turner contre Pete Doherty, la lutte pour la British Rock Star de la décenie risque d’être rude..

16
Mai

Wilco n’est pas (vraiment) un groupe de country

Il y a des albums qui n’ont pour eux qu’une seule bonne chanson, le reste ne faisant apparemment office que de remplissage – je pense particulièrement à Mansun, dont je n’ai acheté l’album Attack of the Grey Lantern que sur pour la prometteuse chanson Wide Open Space, achat que j’ai bien regretté vu la piètre qualité du reste.

Et puis il y a des albums que l’on télécharge que le groupe a été fortement recommandé par des gens recommandables, qui semble relativement anodin jusqu’à ce qu’une piste en particulier révèle totalement le sens de la galette entière. C’est l’effet que m’a fait l’album A Ghost Is Born de Wilco.

Wilco, je ne connaissais pas jusqu’à en avoir entendu parler (ahem, forcément, on va dire) sur le blog de Jason Kottke, blogueur « influent » longtemps avant que ce terme ne soit institutionnalisé par les marketo-blogueurs français en mal de reconnaissance… Bref, pique mise à part, Jason écrivait, le 1er avril 2003 (putain ça date!), à propos des musiques qu’il avait apprécié récemment, en indiquant notamment « Wilco (I was the last person in America to hear Yankee Hotel Foxtrot) ». Bigre, je ne connais pas ce groupe ni cet album ! Et en commentaire, plein de gens qui opinent, citent YHF comme l’une de leur meilleurs découvertes. Celui a d’ailleurs une histoire assez particulière, mais j’en reparlerai sans doute…

Je me mettais alors en quête de plus d’infos sur Wilco, a priori pas dans mon style de musique (ils sont cités comme faisant de l’alt-country…) mais qui semblait plaire beaucoup à nombre de gens dont je savais qu’ils partageaient mes goûts. Wilco venait de sortir la suite de YHF : A Ghost is Born. Téléchargement de ce dernier, et une fois rentré chez moi je pointe Winamp vers le dossier décompressé, et me remet dans mes activités de geek sur mon ordinateur.

C’est souvent quand on l’écoute sans y faire attention que l’on découvre les vrais bons albums, ceux qui vous font arrêter ce que vous êtes en train de faire pour vous dire, « hé mais c’est pas mal ça ». C’est un test souvent probant. Là, AGIB ne m’a pas plus éveillé les sens que cela, pendant son écoute : des chansons alt-pop, avec pas mal de solos ici et là, mais pour une première écoute, rien ne semble rester attaché à la poêle en Téflon de mon cerveau. Jusqu’à la toute dernière chanson : Spiders (kidsmoke).

[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/wilco-spiders-extrait.mp3]

Ce rythme lancinant, suivit de ce « refrain » bruyant et carré, ça m’a grave fait lever la tête. Et de me dire, « putain mais pourquoi ont-ils mis la chanson la plus intéressante à la fin ? » C’était sans compter Winamp et son système de tri à le mords-moi-l’noeud : celui-ci avait tout placé n’importe comment, sans respecter l’ordre de l’album. Spiders (kidsmoke) s’avère avoir plus sa place en 3e piste, tandis que la 1ère piste revient beaucoup plus naturellement à la triste et formidable chanson At Least That’s What You Said, où un couple se déchire, puis un long solo, phénoménale entrée en matière…

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=fLNAZZYnaVg[/youtube]
Vidéo assez « au milieu de l’action », mais pour une vue plus globale et un son plus fidèle (quoique mou, et sans lumières qui tapent), il y a celle-là. Enfin, ma propre vidéo, prise au Bataclan l’an dernier…)

15
Mai

This is Earlimart

Aujourd’hui, je ne m’attacherai pas à livrer un post enflammé de plusieurs pages sur ma rencontre avec le Rock, ou appelant à soutenir une webradio gratuite et sans pub diffusant toute la musique dont on peut rêver et néanmoins dans le pétrin. Non aujourd’hui, je vous ferai juste écouter quelques titres éclairés d’un petit groupe indépendant qui nous vient de Californie (Los Angeles, je crois). Ce groupe se nomme donc Earlimart. Du groupe je ne connais pas grand chose, sinon que le noyau du groupe est composé d’un gars et une fille, qui chantent tous les deux avec un résultat pareillement aimable à mes oreilles, et qu’ils écrivent de très jolies choses. On peut même dire qu’ils excellent dans la ballade soutenue par la guitare acoustique et le piano. Allons donc à l’essentiel, avec quelques extraits du superbe dernier album Mentor Tormentor.

Là, c’est quand le gars chante :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/earlimart-bloodynose.mp3]

Et là c’est quand c’est la fille qui chante :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/04-earlimart-happy_alone.mp3]

L’avantage, quand on ne connaît rien du groupe, c’est qu’on peut laisser faire son imagination, quitte à être à côté de la plaque, en les écoutant. Exemple: Earlimart est un groupe indépendant, leurs albums ne sont disponibles en France qu’en import et sur commande. C’est un fait. Donc on se dit qu’ils vendent très peu d’albums. On les imagine aisément, présentant leurs pièces d’orfèvrerie de petites salles anonymes en bars sous-ventilés à la quête d’un hypothétique succès, ou peut-être pas d’ailleurs. Pourquoi les artistes voudraient tous devenir multi-millionnaires ? D’ailleurs peut-être le sont-ils déjà, chez eux aux États-Unis. Peut-être sont-ils déjà plus connus que les Red Hot, à Los Angeles. En même temps quand on voit certaines photos de leurs concert, comme ça, sous un auto-pont, on en doute :

Ensuite le titre de l’album, « Mentor Tormentor ». Au début, sans réfléchir, j’ai traduit ça comme le « Tourment du Menteur ». Un peu comme un adieu à l’administration Bush Junior et son bilan calamiteux, souligné de ci, de là, administration qui se serait condamnée elle-même à force de mensonges. En fait non, renseignement pris, la traduction donnerait plutôt quelque chose comme « le bourreau du mentor ». J’ai moins d’idée, tout de suite, même si le mentor d’Earlimart est assez clairement Elliott Smith, après je lui trouve pas tellement de bourreau, ou sinon trop (l’objet d’un futur bulletin, assurément).
Bon on s’éloigne de l’objet, et je voulais faire court. Earlimart c’est un petit groupe avec un sens assez extraordinaire des mélodies, il a besoin d’être soutenu, écouté, au moins sur leur espace, ou leur livre, où ma question « Suis-je le seul fan Français ici ? » reste désespérément en suspens. C’est un groupe qui n’écrit pas que des ballades non plus, la preuve ci-dessous, où personnellement, l’entrée de la guitare clinquante, au bout de la 99ème seconde du morceau, me donne le moral pour toute la journée. Et ça c’est déjà pas mal.
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/earlimart-nevermind_the_phonecalls.mp3]

13
Mai

Girls in Hawaii, ça poutre aussi en live

Girls in Hawaii à l'Olympia

Vince vous avait donné la semaine dernière son avis sur l’excellent groupe de « rock belge » qu’est Girls in Hawaii. La chance passant par là, j’ai obtenu le jour même une place gratuite pour leur concert à l’Olympia. Il me fallait partager avec vous les quelques vidéos que j’ai pu prendre.

Let the show begin

Tout d’abord, extrait de Birthday Call, tiré de leur 2e album Plan Your Escape. A la différence de Vince, j’avais du mal à voir autant de qualité dans ce second (et j’espère deuxième) album de GiH, car je le trouvais assez mou. Mais en live, les chansons prennent toute leur dimension, et ce trop court extrait en est la preuve.

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/ennui/video/x5drpx_girls-in-hawaii-birthday-call_music[/dailymotion]

Ensuite, Time to Forgive the Winter, tiré du premier album, From Here to There.

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/ennui/video/x5eq46_girls-in-hawaii-time-to-forgive-the_music[/dailymotion]

Une prise quasi complète (manque un bout du début, gn) de 9:00 AM, le titre qui ouvre leur premier album.

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/ennui/video/x5eq07_girls-in-hawaii-9oo-am_music[/dailymotion]

Enfin, cerise sur le gateau, Flavor, LA chanson-phare à mon goût de leur premier album, et qui concluait la première partie du concert.

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/ennui/video/x5dqw9_girls-in-hawaii-flavor_music[/dailymotion]

Déçu : ils n’ont pas joué Organeum. Mais je le répète : si vous trouvez leur 2e album mou du genou, procurez-vous un enregistrement pirate (audio ou vidéo) d’un de leur concert, ça poutre pas mal, le son est plus gras, le rock tâche plus, bref c’est mieux.

Girls in Hawaii, saibon, mangézan.

06
Mai

toujours jeune ?

Hello,

Bon une fois n’est pas coutume, je vais vous raconter une petite histoire aujourd’hui. Nous sommes à l’été 91, ou 92, je sais plus. J’ai à peu près 15 ans. Je suis en vacances en Corse avec mes parents (pour la dernière fois d’ailleurs, après je m’estime trop grand pour partir avec les vieux).
Bref à l’époque, pas de bataille entre les fans d’apple, d’archos, les formats propriétaires, microsoft, linux, leopard, tout ça. On a tous un bon vieux walkman pourri à K7. Sony ou Aiwa (tiens d’ailleurs ca existe encore Aiwa ?). Ils sont tous pareils, le must étant quand même d’avoir un ‘autoreverse’ (pour éviter à devoir changer de face).
La mode c’est d’écouter les Guns, et du Grunge (Nirvana, Pearl Jam, etc..). Je suis à fond, d’ailleurs je suis allé voir les Guns au mois de juin à l’hippodrome de Vincennes. Alors pour rappel les Guns, ça faisait ça : [audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/gunsparadise-city.mp3](héhé c’est rigolo de réécouter ça, c’est plus tout jeune…)

Cet été là, je rencontre un gars nommé Jérôme Boulliet (Bon ok, c’est pas tout à fait son vrai nom). Il a un walkman, bien-sur. Il me dit que tout ça comme musique c’est trop naze. Lui il écoute Led Zeppelin. Aussi les Doors, mais bon la mode avec le film d’Oliver Stone, ça le saoule un peu. Il est marrant Jérôme Boulliet. Il a les cheveux longs, il est tout petit, fait un peu autiste, a des mauvaises notes à l’école malgré une mère enseignante, et m’assure fumer de l’herbe (mais bon il préfère l’eucalyptus, après on « comprend mieux la musique »). Alors il me fait écouter Led Zeppelin. Une guitare acoustique, un harmonica, une voix haut-perché. Je trouve ça génial, bien entendu, on écoute ça tout l’été.

Retour à Paris, je mets tout mon argent dans les Cd de Led Zeppelin. Un par un, je les achète, je les écoute. C’est très bien, mais pas de trace de la balade précédemment écoutée. Mince. Je me renseigne, Robert Plant, Jimmy Page, des demis-dieux dans les années 70. J’achète même une guitare. Tiens, c facile. Hop j’apprends tous les morceaux, puis d’autres trucs. Hendrix, Clapton, etc… Alors pour ceux qui connaissent pas, Led Zep est le groupe qui a sorti 4 albums majeurs à la toute fin des 60’s, tout début des 70’s. Inventeurs du Hard Rock, que les spécialistes éviteront de confondre avec le Heavy Metal (le heavy metal nous vient de Black Sabbath et s’inspire en général de croyances obscures, tirant parfois vers le satanisme, alors que le Hard Rock des débuts assume pleinement sa filiation avec le blues, aussi trouve-t-on deux reprises de classiques du blues sur le 1er album de Led Zepp, merci David pour ces précisions, que tu ne manqueras pas de compléter dans la section commentaires si besoin). Bref Led Zepp, ça sonne comme cela : [audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/ledzepheartbreaker.mp3] Avouez que ça donne envie de se mettre à la guitare. J’achète une guitare électrique, puis un ampli, puis une autre guitare, encore une autre, etc.. Bref vous connaissez.


Ce n’est que 2 ans plus tard que surgit la fameuse chanson. Elle s’appelle « Heart of Gold », et surprise elle est sur l’album de Neil Yong qui s’appelle « Harvest ». C’est pas du tout du Led Zeppelin, ça n’a rien à voir. [audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/11-heart-of-gold.mp3]

Et je n’ai jamais acheté tous les albums de Neil Young, il y en a trop. En plus il a eu plein d’autres groupes (Buffalo Springfield dans les 60’s, Crosby Still Nash and Young, Crazy Horse, etc..). Tiens oui d’ailleurs, une pub de l’époque a utilisé un morceau des Buffalo Springfield, je suis sûr que vous connaissez le morceau, c’est marrant, il fait un peu psychédélique (une autre facette du père Young) :

free music



Mais j’apprends avec bonheur que tout le grunge, ça vient de lui. D’ailleurs il y a le bac à la fin de l’année, mais Kurt Cobain s’est suicidé. Il a laissé un mot à sa famille, écrit par Neil Young. Quelque chose comme « Il vaut mieux s’éteindre rapidement que de mourrir à petit feu ».
Je suis tombé récemment sur la sortie du « Best of » de Neil Young. Evidemment c’est une hérésie, 40 ans de carrière sur un Cd, ce n’est pas possible, mais ça a le mérite de montrer la diversité de son œuvre. Influence majeure des groupes grunge de Seatlle, de chanteurs new folk type Elliott Smith, et bien-sûr du renouveau de la scène indépendante américaine (Death Cab, American Analog Set, Shins, etc…). Bref pas mal de gens que j’apprécie énormément aujourd’hui.

[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/02-after-the-gold-rush.mp3]
On trouvera donc de la chanson folk, bien sur (« Heart of Gold »), de la balade seul au piano (« After The Goldrush »), seul à la guitare acoustique (« The needle and the damage done »), et les fameuses prémisses du grunge (« Southern Man », « Keep on rockin in the free world ») avec des guitares saturés bien tranchantes: [audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/neilsouthern-man.mp3]

Bref, parmi les legendes encore vivantes (M. Jagger, R. Plant, E. Clapton, B. Dylan, D. Bowie, etc..), je préférerai toujours le vieux Neil, avec ses cheveux longs et ses chemises à carreaux (il est bien canadien).

Et allez, bonne journée, moi je vais à la recherche de Jerome Boulliet sous Facebook, tiens. En plus la journée commence mal, je viens d’apprendre qu’Aiwa n’existait plus, rachetés par le concurrent … c’est pourtant pas faute de leur en avoir achetés des Walkman..

05
Mai

les filles d’Hawaii

sont revenues.

Petit rappel, les Girls In Hawaii sont un groupe belge qui publiaient en 2004 un album éclairé, subtil mélange de pop et de rock joliment arrangé comme les Belges le maitrisent maintenant depuis plus d’une décennie (et que le rock Français a toujours autant de mal à appréhender). Bon je n’ai pas le temps de me lancer dans une apologie du rock Belge (qui aura certainement bien son post à lui tout seul, tout comme l’ont eu nos cousins Canadiens), mon sujet d’aujourd’hui est sur les Girls In Hawaii. Et je vais faire court. Donc oui, ces garçons ont sorti un fort bel album (From Here To There) il y a 4 ans déjà, et dans la foulée ont eu le bon goût d’emmener le génial Sharko en tournée, notamment lors d’un show mémorable à la Maroquinerie de Paris.

Ces garçons se donc heurtés cette année au fameux problème du 2ème album. Oui vous savez bien, on donne tout ce qu’on a pour le premier, puis lorsque tout le monde vous attend (surtout la maison de disque ?), et bien ça manque tout de suite plus de fraicheur et d’authenticité.
Je voudrais aujourd’hui regretter d’avoir classé cette sortie dans la série des 2èmes albums ratés. Aujourd’hui, c’est vrai, on a accès à la musique trop facilement, tout va trop vite. on écoute trop vite, et on passe trop rapidement à autre chose si on ne trouve pas suffisamment d’accroche.
Donc sur le dernier Girls In Hawaii, sorti cette année, on y trouve vers la toute fin de l’album, une très jolie ballade doublée d’instruments que l’on pourra qualifier d’agrément (xylophone, etc..) comme ils savent les faire :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/girlsinsummerstorm.mp3]

Sans oublier le coté bien rock du groupe, qui devrait quand même garantir une énergie certaine sur scène. Jugez plutôt de l’extrait suivant, qui envoie comme il faut quand il faut, avec un refrain assez chaloupé :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/girlsinbored.mp3]

Les Girls In Hawaii seront en concert ce mercredi à l’Olympia de Paris. Puis aux nuits du Botanique de Bruxelles la semaine prochaine, et un peu partout en Europe (Notamment à Madrid le 7 Juin).
Histoire de prendre un peu le temps de les écouter..